À l’occasion de la célébration de la fête internationale du travail, la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB) a vivement protesté contre l’interdiction de sa traditionnelle marche à Cotonou. Dans une déclaration rendue publique le 1er mai 2026, l’organisation syndicale dirigée par Kassa Mampo dénonce une décision « illégale et arbitraire » des autorités administratives.
Selon la CSTB, la marche avait été régulièrement déclarée à la mairie de Cotonou depuis le 14 avril. Mais à la veille de l’événement, le préfet du Littoral, Alain Orounla, a notifié son interdiction, invoquant des risques de troubles à l’ordre public en raison de l’affluence attendue. Une décision qui a empêché le déroulement normal de la mobilisation dans la capitale économique.
Dès les premières heures de la matinée du 1er mai, des dispositifs sécuritaires ont été déployés autour de la place de l’Étoile Rouge et de la Bourse du travail, lieux initialement prévus pour la marche. La CSTB affirme que ces mesures, combinées à la présence de militants de formations politiques proches du pouvoir, ont empêché tout rassemblement sur les sites retenus.
Malgré ces restrictions, l’organisation syndicale se félicite de la mobilisation de nombreux travailleurs, artisans, conducteurs de taxi-moto, femmes de marché et étudiants, qui se sont regroupés ailleurs pour commémorer la journée. La déclaration du 1er mai a ainsi pu être lue et validée par les participants.
En dehors de Cotonou, plusieurs initiatives ont également été enregistrées. Des meetings ont été organisés notamment à Natitingou et à Parakou. À Djougou, la marche a été interdite par l’autorité municipale, mais un rassemblement alternatif s’est tenu. Dans le département des Collines, l’accès au site prévu pour un meeting à Dassa a été bloqué par les forces de l’ordre, selon la CSTB.
L’organisation syndicale dénonce par ailleurs ce qu’elle considère comme un traitement inéquitable. Elle s’interroge sur le fait que la commémoration syndicale ait été empêchée, alors que des partis politiques soutenant le président Patrice Talon ont pu organiser une marche le même jour, avec la participation de membres du gouvernement, dont la ministre du Travail, Adidjatou Mathys.
Pour la CSTB, cette situation traduit un « mépris » à l’égard des travailleurs et une atteinte aux libertés de manifestation et d’expression. Elle estime que la mobilisation observée à travers le pays témoigne d’un mécontentement croissant face aux conditions de vie.
Pour finir, la confédération appelle ses militants et l’ensemble des travailleurs à maintenir la pression à travers diverses formes d’actions, telles que des assemblées générales, des sit-in, des marches ou encore des grèves, afin d’obtenir la satisfaction de leurs revendications.
Anselme ORICHA















