Le Tribunal de première instance de première classe de Parakou a rendu son verdict, ce lundi 27 avril 2026, dans l’affaire relative au décès de Fayçal Samba Gani Ouorou. À l’issue d’un procès qui a duré près de neuf heures, les six policiers poursuivis ont écopé de peines allant de deux mois à sept ans d’emprisonnement, assorties d’une amende collective de cinq millions de francs CFA, rapporte Fraternité FM.
L’audience, initialement reportée, s’est ouverte à 9 heures dans la deuxième salle du tribunal, en présence des proches de la victime, des avocats des accusés et d’un public venu nombreux. À la barre, chacun des prévenus a livré sa version des faits afin de préciser son implication dans ce dossier sensible.
Deux témoins ont été entendus au cours des débats. Le premier a déclaré avoir perçu, aux environs de 2 heures du matin, des appels à l’aide. Le second, qui affirme avoir été en compagnie de la victime au moment des faits, a expliqué que des policiers les auraient interpellés pour réclamer le téléphone portable de Fayçal. Il dit avoir pris la fuite après avoir vu ce dernier recevoir des coups.
Le père de la victime a également témoigné. Il indique avoir été informé des faits le lendemain vers midi, évoquant dans un premier temps une version policière faisant état d’un accident de circulation. Ce n’est que plus tard, à travers des informations circulant sur les réseaux sociaux, qu’il soupçonnera une éventuelle bavure policière.
Sur le plan judiciaire, le ministère public a retenu des charges de coups et blessures volontaires contre quatre accusés, et de recel de cadavre contre deux autres. Le parquet avait requis dix ans de prison contre cinq prévenus, ainsi qu’une peine de deux ans d’emprisonnement et une amende de 250 000 francs CFA contre le commissaire impliqué.
De leur côté, les avocats de la défense ont plaidé l’atténuation des peines, voire l’acquittement de certains accusés.
Concernant l’action civile, la famille de Fayçal Samba Gani Ouorou a réclamé une indemnisation à hauteur de 100 millions de francs CFA.
Au terme des délibérations, la cour a prononcé des peines comprises entre deux mois et sept ans de prison, en fonction des responsabilités établies. La décision est également assortie d’une amende globale de cinq millions de francs CFA.
La famille dispose désormais d’un délai de 15 jours pour interjeter appel, tandis que les condamnés ont trois mois pour s’acquitter des amendes prononcées.
Anselme ORICHA















