Treize ans après avoir vécu avec deux projectiles logés dans son corps, Martin Assogba tourne une page particulièrement douloureuse de son histoire. Le président de l’Organisation non gouvernementale de lutte contre le racisme, l’ethnocentrisme et le régionalisme (Ong Alcrer) a annoncé, dans une vidéo publiée sur Facebook, avoir subi avec succès une intervention chirurgicale en Turquie au cours de laquelle les deux balles ont enfin été extraites. Cette annonce permet également à l’opinion publique béninoise de retrouver un homme dont la présence dans l’espace public s’était considérablement raréfiée ces dernières années. Visiblement marqué par les années d’épreuves, Martin Assogba a partagé quelques nouvelles de son état de santé et les circonstances de cette opération qui constitue pour lui une étape majeure.
Tout remonte au 9 décembre 2013, lorsqu’il avait été victime d’une tentative d’assassinat. Évacué en France après l’attaque, il avait été pris en charge par des spécialistes qui avaient estimé que l’extraction des projectiles présentait des risques importants. Une balle était logée dans la tête tandis que l’autre était profondément enfouie dans les tissus du cou. Pendant 13 années, ces projectiles sont donc restés dans son corps, avec des conséquences sur son quotidien. En juillet 2026, une nouvelle prise en charge médicale en Turquie a finalement permis leur retrait. L’intervention, réalisée par un neurochirurgien présenté comme spécialisé dans ce type de situation, a duré plusieurs heures. Martin Assogba indique avoir également subi des interventions au niveau cervical et lombaire et poursuit désormais une période de convalescence.
Si les suites de l’opération restent encore marquées par quelques difficultés, notamment une légère instabilité dans la marche, le président d’Alcrer se montre néanmoins optimiste. « Aujourd’hui, j’arrive à marcher sans trop de douleur », témoigne-t-il, tout en reconnaissant qu’il lui faudra encore plusieurs semaines d’exercices pour retrouver une mobilité normale. Durant ces longues années, il affirme avoir souffert de maux de tête et de vertiges et avoir développé une hypertension nécessitant un traitement quotidien. Désormais débarrassé des deux projectiles qui symbolisaient depuis 2013 le traumatisme de l’attaque dont il avait été victime, Martin Assogba entend regarder vers l’avenir avec davantage de sérénité. Cette nouvelle étape pourrait également annoncer le retour progressif dans l’espace public d’une figure connue de la société civile béninoise, dont la voix et les prises de position ont longtemps marqué les débats sur les questions sociales et citoyennes.














