Le Bénin a commémoré, samedi 1er août 2026, le 66ᵉ anniversaire de son accession à la souveraineté nationale. Une célébration particulière puisqu’elle marque le premier défilé officiel sous la présidence de Romuald Wadagni, arrivé à la tête du pays dans un contexte où les attentes demeurent nombreuses. Au-delà des cérémonies, des discours et de la fierté nationale affichée à cette occasion, cette date anniversaire invite surtout à une réflexion essentielle : 66 ans après l’indépendance, le Bénin est-il véritablement indépendant ? L’indépendance politique acquise en 1960 est incontestable, mais la question mérite d’être posée lorsqu’on observe encore les nombreuses dépendances qui persistent dans les domaines économique, financier, énergétique, technologique et social.
Car être indépendant ne devrait pas seulement signifier disposer d’un drapeau, d’un hymne national, d’institutions et d’un gouvernement souverain. La véritable indépendance suppose également la capacité d’un État à produire suffisamment de richesses, à nourrir sa population, à garantir son autonomie énergétique, à développer son industrie, à maîtriser ses ressources et à offrir à sa jeunesse des perspectives durables. Or, le Bénin continue de solliciter l’appui de partenaires extérieurs, notamment de l’Europe et des États-Unis, pour financer ou accompagner de nombreux projets essentiels à son développement. Cette coopération internationale peut être nécessaire et bénéfique, mais elle pose aussi la question de notre capacité à construire progressivement une économie suffisamment forte pour réduire les dépendances et décider davantage de notre propre trajectoire.
C’est donc sur plusieurs fronts que le président Romuald Wadagni devra œuvrer pour donner un contenu plus concret à l’indépendance célébrée chaque 1er août. Sur le plan social, il faudra renforcer l’accès aux services essentiels et réduire les inégalités ; sur le plan énergétique, accélérer la production nationale et sécuriser l’approvisionnement ; sur le plan économique, encourager la transformation locale des matières premières, l’industrialisation et l’émergence d’un secteur privé plus compétitif. À cela s’ajoutent les défis de l’éducation, de la santé, de la technologie, de la sécurité alimentaire et de la souveraineté numérique. 66 ans après 1960, la véritable indépendance ne devrait plus seulement être une mémoire à célébrer, mais un objectif à construire. La question reste donc entière : sommes-nous réellement indépendants, ou devons-nous encore franchir plusieurs étapes pour que la souveraineté politique se transforme en véritable autonomie économique et sociale ?















