La communauté musulmane du Borgou s’est fortement mobilisée ce mardi 03 mars 2026, à la grande Mosquée Al Houda de Parakou, située au quartier Zongo, pour une séance spéciale de prière dédiée aux détenus politiques et aux exilés. Organisée à 10 heures en ce mois béni de Ramadan, cette rencontre spirituelle marque cinq années jour pour jour d’incarcération pour l’ancienne ministre Reckya Madougou, ainsi que pour Sacca Georges, Bio Dramane Tidjani et leurs co-accusés, arrêtés le 03 mars 2021.
Dans un climat de recueillement et de ferveur religieuse, imams, fidèles et responsables communautaires ont uni leurs voix pour implorer la miséricorde divine et la clémence du Chef de l’État, Patrice Talon, en faveur des personnes incarcérées pour leurs ambitions politiques. Les prières ont également été formulées pour la libération de tous les autres détenus qualifiés de politiques et pour le retour apaisé des exilés.
Prenant la parole au nom des guides religieux, l’imam Ibrahim Souleymane, imam de la mosquée centrale de Wokodorou dans le troisième arrondissement de Parakou, a lancé un appel solennel au pardon. « Nous commettons tous des erreurs. Au président Talon, nous demandons pardon », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Nous devons nous pardonner, quelles que soient les incompréhensions. » Pour le guide religieux, la cohésion sociale et la paix passent par la réconciliation et la capacité des filles et fils du Bénin à dépasser leurs différends.
La séance a connu la participation des parents et proches de Reckya Madougou. Dans la foulée, Assane Madougou, oncle de l’ancienne garde des Sceaux, a tenu à préciser le caractère non partisan de l’initiative. « La séance n’est pas politique. Nous sommes venus implorer la clémence de Dieu en ce mois béni pour la libération de notre fille Reckya, à l’initiative de la communauté musulmane », a-t-il affirmé.

Les intervenants ont rappelé l’importance du pardon, de la réconciliation et de la paix sociale, valeurs fondamentales prônées par l’islam, surtout en cette période spirituelle. « Nous demandons au Chef de l’État de puiser de la profondeur de son pardon pour gracier ces détenus et permettre aux exilés de rentrer au pays », ont-ils plaidé.
La cérémonie s’est déroulée dans le calme et la discipline. Pour les organisateurs, cette initiative s’inscrit dans une démarche pacifique et spirituelle, visant à soutenir moralement les familles des détenus et à appeler à un geste d’apaisement des autorités, dans l’intérêt supérieur de la nation et de la cohésion nationale.















