Pendant deux jours, Cotonou a accueilli 400 acteurs de la filière coton venus du monde entier pour réfléchir aux défis et aux opportunités de cette industrie. Ce rassemblement inédit, marquant la première célébration de la Journée mondiale du coton sur le sol africain, témoigne de l’importance de cette matière première pour le continent. En effet, le coton fait vivre plus de 100 millions de familles à travers le monde, avec 32 millions de producteurs, dont près de la moitié sont des femmes.
L’Afrique, qui abrite plusieurs grands producteurs de coton comme le Burkina Faso, le Bénin, le Mali et le Tchad, se retrouve au cœur des débats. Ces pays, regroupés sous l’appellation “C4+” aux côtés de la Côte d’Ivoire, cherchent désormais à relever un défi crucial : celui de la transformation locale du coton.
Actuellement, seulement 10 % du coton produit sur le continent est transformé sur place, le reste étant exporté à l’état brut. Cette faible capacité de transformation freine la création de valeur ajoutée et d’emplois en Afrique. Conscients de cette situation, les pays du C4+ ont fixé un objectif ambitieux : atteindre 50 % de transformation locale d’ici 2035.
Pour le coordinateur des pays du C4+, l’heure n’est plus à la réflexion, mais à l’action. “L’industrialisation de nos pays pour transformer nos matières premières, notamment le coton, afin de créer de la valeur ajoutée et des emplois, n’est pas une urgence, c’est une exigence”, a-t-il déclaré. Selon lui, cette transformation est essentielle pour améliorer les conditions de vie des producteurs et renforcer l’économie locale.
Les discussions tenues à Cotonou ont permis d’aborder des sujets tels que le financement de l’industrialisation, les infrastructures nécessaires et la coopération régionale pour développer des chaînes de valeur durables. L’Afrique, à travers ce sommet, a réaffirmé sa volonté de passer du statut d’exportateur de matières premières à celui de producteur de biens finis, contribuant ainsi à un développement plus inclusif et durable.
Cette rencontre représente un pas décisif vers une nouvelle ère pour l’industrie cotonnière africaine, avec l’objectif de renforcer sa compétitivité sur la scène internationale tout en créant des emplois pour des millions de familles sur le continent. Cotonou, capitale du coton pour deux jours, incarne cette ambition partagée par toute l’Afrique.















