La Fédération des Radios Communautaires et Assimilées du Bénin (FeRCAB) a lancé, ce mardi 3 novembre 2026, au siège de l’institution à Parakou, un atelier de renforcement de capacités et de cocréation de contenus radiophoniques consacrés à la prévention des avortements à risque et à la vulgarisation de la loi n° 2021-12 du 20 décembre 2021 modifiant et complétant la loi de 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction. Prévu pour s’achever le vendredi 6 novembre prochain, cet atelier bénéficie de l’appui de l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille (ABPF), du Royaume des Pays-Bas et d’EngenderHealth. Il s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation des populations sur les enjeux de la santé sexuelle et reproductive, avec un accent particulier sur la réduction de la mortalité maternelle liée aux avortements pratiqués dans des conditions non sécurisées. Pour Hermine Bokossa, Program Officer de l’ABPF, ce partenariat avec la FeRCAB répond à la nécessité d’aller au plus près des communautés, notamment des personnes qui n’ont pas facilement accès à Internet ou qui échappent aux canaux classiques de sensibilisation. Elle a ainsi invité les professionnels des radios communautaires à devenir de véritables ambassadeurs de l’information, en mettant leurs antennes au service de la protection de la vie et de la santé des femmes.
Procédant à l’ouverture officielle des travaux, le Secrétaire exécutif de la FeRCAB, Cadnel Lévi Djivoh, a rappelé l’urgence de cette initiative, soulignant que plus de 200 femmes perdent chaque année la vie au Bénin des suites d’avortements pratiqués dans de mauvaises conditions. Face à cette réalité préoccupante, il a insisté sur la responsabilité particulière des radios communautaires, dont la proximité avec les populations constitue un atout majeur pour faire parvenir une information fiable jusque dans les marchés, les champs, les ménages et les localités les plus reculées. Il a également mis l’accent sur la nécessité de mieux faire connaître la loi n° 2021-12, afin de dissiper les incompréhensions et les interprétations erronées qui entourent ses dispositions. « Une loi mal comprise ne protège personne », a-t-il fait observer, invitant les journalistes à expliquer fidèlement son contenu, ses conditions d’application ainsi que les services de santé auxquels les populations peuvent accéder. Pour lui, l’enjeu est également de lutter contre la stigmatisation et les préjugés qui empêchent encore de nombreuses femmes et adolescentes de rechercher une assistance sanitaire appropriée.
Durant les quatre jours de travaux, les participants seront outillés sur les dispositions légales, les bonnes pratiques journalistiques et les approches de communication adaptées aux réalités socioculturelles des communautés. Neuf radios communautaires des départements de l’Ouémé et du Plateau sont notamment concernées par cette opération de coproduction, avec pour objectif de réaliser 27 productions radiophoniques, dont une en français et deux en langues nationales par radio. Ces contenus seront diffusés en novembre et décembre, à raison de 60 passages par radio aux heures de grande écoute, soit 540 diffusions au total. Des émissions interactives en direct, avec des spécialistes et la participation des auditeurs, ainsi que des quiz et des relais sur les plateformes numériques viendront renforcer la campagne. À travers cette initiative, la FeRCAB et ses partenaires entendent faire des radios communautaires des relais essentiels de l’information sanitaire, particulièrement auprès des adolescentes, des jeunes, des femmes non scolarisées et des personnes en situation de handicap. Un engagement fort résumé par l’appel de Cadnel Lévi Djivoh : faire des micros des radios communautaires de véritables instruments de sensibilisation et de sauvegarde des vies.




















