La question de la représentation de Copargo dans les hautes fonctions de l’État refait surface. Dans un message adressé au président de la République, Romuald Wadagni, Benjamin Ouorou, acteur de la société civile dans cette commune de la Donga, dénonce ce qu’il considère comme une marginalisation persistante de Copargo dans les nominations aux postes stratégiques de l’administration publique.
Intitulé « Copargo l’orpheline toujours oubliée : mon cri de cœur à l’endroit du Président Wadagni ! », le message exprime une déception face aux différentes nominations intervenues depuis l’arrivée au pouvoir du régime actuel. Pour Benjamin Ouorou, les espoirs suscités à Copargo par l’avènement de la nouvelle équipe dirigeante sont aujourd’hui confrontés à une réalité qu’il juge préoccupante. Il relève notamment l’absence, selon lui, de ressortissants de la commune à plusieurs niveaux de responsabilité : gouvernement, cabinets civil et militaire du chef de l’État, directions de cabinet, secrétariats généraux de ministères, directions générales, agences nationales, sociétés d’État, Sénat, préfecture ou encore Conseil économique et social. « Pas un moindre poste stratégique, depuis plus d’une moitié de siècle », déplore-t-il.
L’acteur de la société civile estime que cette situation ne peut s’expliquer par une absence de compétences dans la commune. Il cite plusieurs fils de Copargo ayant, selon lui, servi ou continuant de servir la République, notamment dans les domaines politique et militaire. Dans son argumentaire, Benjamin Ouorou évoque particulièrement le député Assan Seibou. Il rappelle que celui-ci a été associé au portage de deux propositions de loi portant révision de la Constitution, un épisode politique qui avait suscité de vives controverses. Pour Ouorou, cet engagement aurait dû davantage compter dans la reconnaissance accordée aux cadres de la commune. Il relève ainsi que, malgré ce parcours politique, Assan Seibou n’occupe pas de fonction ministérielle et n’est pas sénateur.
Le message fait également référence aux ressortissants de Copargo engagés dans la défense du territoire. Benjamin Ouorou affirme que certains fils de la commune sont tombés les armes à la main, notamment à Porga et dans la zone des trois frontières, tandis que d’autres seraient toujours mobilisés sur le front.
« N’a-t-on pas des cadres nominables à Copargo ? »
C’est l’une des principales interrogations soulevées par l’auteur du message. Benjamin Ouorou conteste implicitement l’idée selon laquelle la commune manquerait de compétences susceptibles d’occuper des fonctions de responsabilité. Il reconnaît que Copargo dispose d’un député, mais juge cet argument insuffisant pour expliquer l’absence de ses ressortissants à d’autres postes importants.
« Pourquoi c’est notre Copargo seulement qui n’a jamais connu de ministre, ni de DC et autres responsabilités, depuis que la République du Bénin existe ? », s’interroge-t-il. Au-delà de la seule question des nominations, son message traduit ainsi un sentiment de frustration au sein d’une partie de la population de Copargo, qui estime que la commune ne bénéficie pas d’une représentation suffisante dans les cercles de décision. Benjamin Ouorou insiste toutefois sur le caractère personnel et citoyen de sa démarche. Il assure que sa réaction n’est « ni commanditée par personne » et ne constitue pas une revendication pour lui-même. Se présentant comme un « citoyen lambda » sans qualification particulière pour prétendre à une fonction publique, il affirme vouloir porter une préoccupation collective. Son adresse au président Romuald Wadagni se veut dès lors une invitation à prendre davantage en compte Copargo dans les prochaines nominations.
« Copargo a les yeux rivés vers vous et Copargo vous tend toujours son plat encore vide », écrit-il avant de conclure par une formule qui résume son attente : « Donnez-nous un point d’appui et nous vous soulèverons les monts Tanéka ! »















