Une affaire présumée de prélèvements sur les primes des enseignants mobilisés pour la surveillance du Certificat d’études primaires (CEP) 2026 éclabousse la Direction des examens et concours (DEC). Dix responsables sont concernés par la procédure, dont huit ont déjà été déférés devant le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Le dossier fait suite à des plaintes et signalements d’enseignants qui dénoncent des pratiques qu’ils jugent abusives. Selon les premiers éléments communiqués par la Police républicaine, certains surveillants auraient été contraints de reverser une partie substantielle de leurs primes. Alors que la prime destinée aux superviseurs était fixée à 200 000 francs CFA, les prélèvements présumés auraient, dans certains cas, atteint jusqu’à 160 000 francs CFA, ne laissant que 40 000 francs CFA à l’enseignant concerné.
Les investigations font également apparaître les contours d’un système présumé organisé autour des recommandations et de la sélection des surveillants. Certains responsables de la DEC auraient disposé de la possibilité de proposer des noms pour leur inscription sur les listes de surveillance. Une fois retenus, des enseignants auraient été invités, voire contraints selon les témoignages, à reverser une partie de leurs indemnités. Plus grave encore, certains auraient subi des pressions ou des menaces liées à leur situation professionnelle lorsqu’ils refusaient de se soumettre à ces prélèvements présumés. Si les faits sont établis par la justice, ils constitueraient une atteinte sérieuse aux droits des enseignants et à l’intégrité du dispositif d’organisation des examens scolaires. La procédure judiciaire devra désormais permettre de déterminer les responsabilités individuelles, l’ampleur du mécanisme et les éventuelles complicités.
Au-delà de cette affaire, le dossier interpelle toute la communauté éducative et particulièrement les enseignants appelés à faire preuve de vigilance face à de telles pratiques. Les primes liées aux examens représentent le fruit d’un travail supplémentaire accompli dans des conditions souvent exigeantes et ne sauraient, en principe, faire l’objet de prélèvements arbitraires. Les enseignants sont donc invités à dénoncer, par les voies appropriées, toute tentative de racket, de pression ou de détournement de leurs indemnités, en conservant les éléments susceptibles d’étayer leurs signalements. Cette affaire pourrait ainsi servir de déclic pour renforcer la transparence dans la gestion des examens et encourager les victimes présumées à ne plus garder le silence. La protection des lanceurs d’alerte et la traçabilité des paiements apparaissent également essentielles pour préserver la confiance dans le système éducatif et garantir que chaque agent bénéficie effectivement de la rémunération qui lui est légalement due.















