Un peuple ne saurait vivre sans la critique, et aucun régime ne peut durablement répondre aux aspirations des populations sans opposition, contradiction et contre-pouvoir. Comme le souligne Montesquieu, c’est de la confrontation des idées que jaillit la vérité. C’est dans cet esprit que le Parti Les Démocrates a donné, ce dimanche 16 août 2026 à Parakou, le ton de sa remobilisation au lendemain des élections générales. Devant une foule fortement mobilisée, les responsables, militants et sympathisants du parti ont une nouvelle fois démontré la vitalité de leur engagement politique dans la cité des Kobourou. Cette forte affluence, venue des différents quartiers de Parakou et de plusieurs localités environnantes, confirme surtout que la ville demeure un bastion important de la formation politique de l’opposition. Pour ce premier grand rendez-vous de remobilisation, le pari de la mobilisation a donc été largement relevé, donnant à voir une base militante qui, malgré les épreuves politiques et les déconvenues électorales, entend rester debout et poursuivre le combat sur le terrain.
Placée sous le signe du dépassement de la peur et du refus de céder face aux contraintes qui pèsent, selon ses responsables, sur les voix discordantes, la rencontre a permis au Parti Les Démocrates de revenir sur les difficultés traversées ces dernières années et de réaffirmer sa détermination. Le président du parti, Nourénou Atchadé, a demandé pardon au peuple béninois qui avait placé sa confiance dans Les Démocrates, tout en déplorant les conséquences de la défection d’un député sur les équilibres politiques. Il a également rappelé que son parti a recueilli plus de 500 000 suffrages, estimant paradoxal qu’une formation bénéficiant d’un tel niveau de soutien populaire ne compte aucun député à l’Assemblée nationale. Le député Kamel Ouassagari a, pour sa part, mis en cause certaines dispositions du Code électoral qu’il juge peu favorables au pluralisme parlementaire. Les autres responsables, notamment Eugène Azatassou, Habibou Woroucoubou et le Secrétaire administratif du parti, ont insisté sur la nécessité de défendre la démocratie, de renforcer l’organisation interne et de poursuivre la mobilisation. Un audit de la gestion du parti sur la période 2020-2025 est d’ailleurs en cours, tandis que plusieurs réformes sont annoncées pour consolider son fonctionnement.
Au-delà des questions internes au parti, le meeting de Parakou a également été l’occasion pour Les Démocrates d’aborder plusieurs sujets d’actualité nationale. Les responsables ont salué la démarche du président Romuald Wadagni en faveur de la réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger, tout en appelant à la poursuite du dialogue avec les autorités nigériennes dans l’intérêt des populations des deux pays. La suppression de la CENA a également suscité des interrogations, notamment sur le devenir de ses travailleurs et sur l’organisation des prochaines élections. Nourénou Atchadé a estimé que si l’objectif était de réaliser des économies, d’autres choix auraient pu être envisagés. Sur le Sénat, Habibou Woroucoubou a insisté sur l’importance du pluralisme, tandis que Kamel Ouassagari a averti que Les Démocrates se mobiliseraient si cette institution devait, selon lui, servir de moyen de censure contre les opposants. Ainsi, par son ampleur et l’enthousiasme affiché par les participants, le rendez-vous du 16 août aura surtout envoyé un signal politique fort : à Parakou, le Parti Les Démocrates conserve une base militante solide et une capacité de mobilisation qui confortent son statut de fief politique. La flamme n’est donc pas éteinte dans la cité des Kobourou ; elle demeure allumée, avec des militants déterminés à occuper le terrain et à faire entendre leur voix dans le débat démocratique national.

















