Le Sénégal vit une journée politique décisive ce lundi 29 juin 2026 avec l’examen par l’Assemblée nationale d’un projet de réforme constitutionnelle qui suscite de vives tensions au sommet de l’État. Porté par des députés du parti Pastef, majoritaire au Parlement, le texte est soumis au vote dans un climat de fortes divergences avec la coalition Diomaye Président, pourtant alliée au pouvoir. À la veille du scrutin, les deux camps ont multiplié les déclarations publiques, chacun défendant sa position sur un projet qui pourrait modifier durablement l’équilibre des institutions sénégalaises.
À l’origine, cette réforme reprend un avant-projet élaboré par la présidence et présenté en avril dernier avec la participation du Pastef. Cependant, la coalition soutenant le président dénonce l’introduction de plusieurs amendements de dernière minute qu’elle juge contraires à l’esprit du texte initial. Parmi les dispositions les plus contestées figurent la définition du cadre légal de la haute trahison du chef de l’État, la limitation du pouvoir présidentiel de dissoudre l’Assemblée nationale à une seule fois durant le mandat, ainsi que l’obligation faite au président de déclarer son patrimoine non seulement à son entrée en fonction, mais également à la fin de son mandat.
Malgré ces critiques, le Pastef défend la légitimité de la réforme et estime que ces modifications visent à renforcer la transparence, la responsabilité des dirigeants et l’équilibre des pouvoirs. Le vote de ce lundi est ainsi suivi avec une grande attention, tant par la classe politique que par l’opinion publique, car son issue pourrait avoir des répercussions importantes sur la gouvernance du pays. Au-delà des enjeux institutionnels, ce débat met en lumière les divergences stratégiques qui apparaissent au sein de la majorité présidentielle, quelques mois seulement après son accession au pouvoir.














