Le Civic Academy for Africa’s Future (CiAAF) a organisé, du 9 au 12 juin 2026, une campagne de vulgarisation de son Guide de gestion concertée des affaires publiques locales en contexte de crise dans quatre départements du Nord Bénin. L’initiative, menée à Natitingou, Djougou, Kandi et Parakou, s’inscrit dans le cadre du projet « Participation citoyenne locale et crises frontalières au Nord Bénin » (PARCINORD), mis en œuvre avec l’appui de l’Union européenne à travers l’Agence belge de développement Enabel.
L’objectif de cette tournée est de partager les enseignements issus de plusieurs mois de recherche-action et de favoriser leur appropriation par les collectivités territoriales, les services déconcentrés de l’État, les organisations de la société civile et les communautés des départements de l’Atacora, de la Donga, de l’Alibori et du Borgou.
La campagne a débuté le 9 juin à Natitingou, au sein de la préfecture de l’Atacora, en présence d’autorités administratives, d’élus locaux, de représentants de la société civile et d’acteurs communautaires. Elle s’est poursuivie successivement à Djougou, Kandi et Parakou, où les échanges ont porté sur les mécanismes de participation citoyenne, les défis de la gouvernance locale dans un contexte de crises sécuritaires frontalières et les stratégies de renforcement de la cohésion sociale.
Selon Emmanuel Odilon Koukoubou, coordonnateur du projet PARCINORD, la démarche adoptée repose sur une approche participative. « Notre objectif n’était pas de rester dans nos bureaux pour produire de la recherche et du savoir, mais d’aller sur le terrain pour construire avec les acteurs qui vivent au quotidien le phénomène dont nous parlons », explique-t-il.
Lancé en mars 2025 pour une durée de douze mois, le projet a mobilisé une vingtaine d’acteurs locaux, notamment des autorités politico-administratives, religieuses et traditionnelles, ainsi que des femmes et des jeunes. Une équipe pluridisciplinaire composée de politologues, de juristes, d’anthropologues, de sociologues et de journalistes a ensuite été déployée dans les quatre départements concernés afin de conduire les travaux de recherche.

Le guide, rédigé par Pamela Ariane Agbozo à partir des données recueillies sur le terrain, propose des pistes d’action concrètes destinées aux populations, aux décideurs publics et aux partenaires du développement. Il constitue l’un des principaux livrables du projet, aux côtés d’un ouvrage collectif et d’une série de capsules vidéo visant à rendre les résultats des recherches accessibles au plus grand nombre.
Les participants aux différents ateliers ont salué la pertinence de l’initiative. Bienvenu Sotima Mante, premier adjoint au maire de Toucountouna, a qualifié le guide d’« outil de travail très important » permettant de renforcer les capacités des acteurs locaux. A Djougou, le représentant du Conseil communal a également estimé que cette démarche était particulièrement opportune dans le contexte actuel marqué par l’installation de nouveaux élus locaux.
Les échanges tenus dans les quatre départements ont mis en lumière le rôle central de la participation citoyenne dans la consolidation de la gouvernance démocratique locale et la prévention des vulnérabilités susceptibles d’être exploitées en période de crise. Les participants ont notamment plaidé pour le renforcement des cadres de dialogue entre les populations et les autorités locales, une meilleure sensibilisation des citoyens à leurs droits et responsabilités et une coopération accrue entre institutions publiques, organisations de la société civile et communautés.

Le projet « Participation citoyenne locale et crises frontalières au Nord Bénin » (PARCINORD) est porté par le Civic Academy for Africa’s Future (CiAAF) avec l’appui du projet Team Europe Democracy (TED). Lancée en mars 2025, cette initiative thématique mondiale réunit quinze États membres, cofinancée par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et est mise en œuvre conjointement par la GIZ et Enabel. Le projet répond à la nécessité de renforcer la gouvernance locale participative dans les communes frontalières du Nord Bénin, confrontées à la montée de l’extrémisme violent, de l’insécurité et des fragilités socio-économiques.















