La nomination de la capitaine Elvire Toupé comme aide de camp du président Romuald Wadagni, une première dans l’histoire du Bénin, continue de susciter des réactions. Dans un entretien accordé à notre rédaction, Julia Akpaki, vice-présidente chargée des affaires féminines du parti Les Démocrates, y voit la reconnaissance des compétences des femmes béninoises et un symbole fort d’ouverture. Elle appelle toutefois à aller plus loin dans la promotion des femmes aux postes de responsabilité et invite le nouveau chef de l’État à faire de la jeunesse, de l’unité nationale et de l’inclusion des talents des priorités de son mandat.
Julia Akpaki , vice présidente chargée des affaires féminines du parti Les Démocrates bonjour
Bonjour Mr le journaliste
1- LeParakois : Quelle lecture politique et symbolique faites-vous de la nomination du capitaine Elvire Toupé comme aide de camp du président de la République, une première dans l’histoire du Bénin ?
Julia Akpaki : C’est la preuve de ce que, la femme en est capable _ quelque soit le domaine dans lequel elle exerce ; ses compétences parleront d’elles. Et sur ce point, je dis bravo au Chef de l’Etat pour cette marque de considération envers la gent féminine. Mes mots de félicitations de même au Capitaine Elvire TOUPÉ _ bonne mission républicaine à elle. Elle fait notre fierté.
2- LeParakois : Pensez-vous que cette nomination traduit une volonté sincère d’ouverture envers les femmes ou s’agit-il davantage d’un symbole politique destiné à marquer le début du mandat de Romuald Wadagni ?
•Julia Akpaki : «L’intention vaut l’acte»
Et dans le cas d’espèce, c’est l’acte qui juge du sérieux de l’intention. Je peux déjà considérer sans me tromper qu’une nouvelle ère veut s’ouvrir aux femmes _ et, s’agissant ici de la sécurité et de la protection d’un Chef d’Etat ; sa vie en quelque sorte, et que, l’on confie une si dense tâche à une femme ; vous comprenez donc par là, qu’elle ( la femmes ) est face à sa tâche quotidienne car, c’est elle qui, assure la sécurité physique et mentale des enfants et même de son époux _ de toute la famille et donc, veiller et protéger l’Etat ne peut pas peser sur elle.
3- LeParakois : Le parti Les Démocrates estime-t-il que les femmes béninoises ont aujourd’hui suffisamment accès aux postes de responsabilité dans l’armée, la sécurité et les institutions publiques ?
•Julia Akpaki : Au parti Les Démocrates, nous attendons beaucoup encore du nouveau Président de la République SEM Romuald WADAGNI qui, vient de commencer ses preuves avec le choix du Capitaine Elvire TOUPÉ. C’est un bon signe, je le répète. Aussi, l’on ne peut non plus, tout de suite, avouer que des femmes occupent suffisamment les postes de responsabilités _ non.
Dans son premier gouvernement, on note la présence de six (06) femmes ministres sur les 24. Dans le rang des ministres conseillers, elles sont aussi quatre. Et une secrétaire particulière.
Le Président est à ses débuts et des compétences féminines ; il y en a dans tous les secteurs : éducation _ santé _ sécurité _ diplomatie _ économie _ arts et cultures etc. Donc, ce que nous disons n’a rien de féminisme mais plutôt de la culture de la masculinité positive dans notre administration et dans les instances de décision car, si notre société a donné la chance aux femmes d’avoir les mêmes formations, diplômes, expériences que les hommes ; c’est pour qu’il se mettent ensemble pour servir la nation et ce, pour l’équilibre de la société et pour le développement.
4- LeParakois : Quel message cette nomination peut-elle envoyer aux jeunes filles béninoises qui aspirent à des carrières dans les forces armées ou dans les hautes fonctions de l’État ?
• Julia Akpaki : Je dirai, être femme aujourd’hui, c’est de se faire former, d’agir, de prendre des décisions et de bâtir etc. Et il faut que chaque mère sache qu’elle a une lourde responsabilité devant l’histoire et devant l’humanité en éduquant et en orientant leurs enfants vers un bel avenir.
Une femme sans formation professionnelle, académique ou autres n’a plus sa place dans notre société d’aujourd’hui.
Donc, aux filles, je demanderais d’être plus déterminées, de s’accrocher à fond à leurs études, formations, carrières et de braver toutes les difficultés qu’ elles rencontreront tout en croyant en elles-mêmes . C’est ainsi, qu’elles pourront devenir ces Cadres, Personnalités de leurs rêves.
5- LeParakois : un message à l’endroit du chef de l’État, chef du gouvernement le président Romuald Wadagni
• Julia Akpaki :En tant que jeune, mon message à l’actuel Chef de l’Etat c’est que : « l’humain est un terrain alternatif pour le développement ». Et Anthony Bogues va plus loin en soutenant que nous devons aller au-delà de la focalisation sur le développement avec tout son bagage historique et nous concentrer plutôt sur l'humain..
Lors de son investiture le 24 mai passé, le Président a axé son message sur l’unité nationale, la réconciliation, la paix et la sécurité etc _ je l’invite donc à cette Sagesse. La sagesse n’a pas d’âge. SEM Romuald WADAGNI aujourd’hui est le miroir de cette jeunesse et son espoir ; nous lui tendons la main et il faut qu’il mette la jeunesse au cœur de ses actions. Qu’il revoie pour cette couche de la société la loi sur l’embauche.
En tant que jeune technocrate ; qu’il fasse de l’insertion des jeunes une préoccupation majeure car, nous sommes dans un monde en constante évolution sur le plan professionnel, l’acquisition des compétences et la valorisation des talents s’imposent à nous.
Une nation se bâtit dans l’unité, l’on ne peut avoir des compétences, des talents, en prison et à l’extérieur du pays et s’estimer _ non. Il faut qu’il pense à la situation de ce monde et rallume la flamme de l’unité, de la paix.















