Depuis le mardi 21 avril 2026, le Bénin a lancé la phase active de la campagne nationale de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action. Déployée sur toute l’étendue du territoire, notamment dans les communes de Parakou et de N’Dali, cette opération vise à réduire significativement l’impact du paludisme sur les populations.
Sur le terrain, la distribution se fait de proximité grâce aux relais communautaires, mobilisés pour parcourir les ménages et remettre les moustiquaires. L’objectif affiché est clair : assurer une couverture universelle et protéger efficacement les populations contre cette maladie encore très présente dans le pays.
« Nous sommes actuellement à la phase de distribution effective après le pré-positionnement des moustiquaires dans les arrondissements », a indiqué le médecin coordonnateur de la zone sanitaire Parakou-N’Dali, Dr Djêwessi S. Lokossou. Avant cette étape, plusieurs actions préparatoires ont été menées, notamment la formation des acteurs impliqués, des campagnes de sensibilisation et des activités de communication de proximité.
Le paludisme demeure en effet un problème majeur de santé publique. Au Bénin, environ 40 % des consultations dans les centres de santé y sont liées. Autrement dit, quatre patients sur dix consultent pour cette maladie, a fait savoir le médecin coordonnateur. Elle représente également près de 25 % des cas d’hospitalisation. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes figurent parmi les couches les plus vulnérables.
Face à cette situation, les autorités sanitaires misent sur des outils de prévention éprouvés. Les moustiquaires imprégnées à longue durée d’action offrent une double protection, à la fois physique et chimique, contre les moustiques vecteurs du paludisme. Elles constituent ainsi un levier essentiel dans la réduction de la morbidité et de la mortalité.
Organisée tous les trois ans, cette campagne nationale entend garantir à chaque ménage un nombre de moustiquaires adapté à sa taille. Mais au-delà de la distribution, un défi persiste : leur utilisation effective. « Nous pouvons atteindre des taux élevés de distribution, mais si les moustiquaires ne sont pas utilisées, l’impact reste limité », a prévenu Dr Lokossou.
Dans les communes de Parakou et de N’Dali, les relais communautaires, issus des localités, jouent un rôle clé. Encadrés par des agents de santé, ils assurent non seulement la distribution, mais aussi la sensibilisation des ménages sur les bonnes pratiques.
L’opération se déroule sur une période de sept jours, avec une première phase du 21 au 23 avril, suivie d’une pause avant la reprise pour l’achèvement de la distribution. Selon les premiers constats, la mobilisation est jugée satisfaisante. « Les relais sont mobilisés, les ménages disponibles et les leaders communautaires impliqués. Nous observons une bonne dynamique sur le terrain », s’est réjoui le médecin coordonnateur, rassurant qu’« aucun ménage n’est prévu pour être délaissé ».
Parallèlement, des conseils pratiques sont prodigués aux bénéficiaires pour garantir l’efficacité des moustiquaires. Il est recommandé de les aérer à l’ombre pendant 24 heures avant usage, d’éviter leur exposition prolongée au soleil et de limiter les lavages à quatre à six fois par an. L’utilisation de détergents contenant du chlore est déconseillée, car elle altère leur efficacité.
Les populations sont également invitées à réserver ces moustiquaires exclusivement à la protection contre les piqûres de moustiques pendant le sommeil.
À travers cette campagne, les autorités sanitaires entendent renforcer la prévention et freiner durablement la propagation du paludisme. « Nous appelons les populations à collaborer avec les relais communautaires et à s’assurer que chaque ménage soit couvert », a conclu Dr Djêwessi S. Lokossou.
Anselme ORICHA















