À peine neuf jours après son élection à la tête de la Fédération béninoise de football (FBF), Marcellin Bocovè se retrouve déjà face à une première situation susceptible de fragiliser le consensus qui a porté son accession à la présidence de l’instance.
Le 3 septembre, alors que les Amazones U20 étaient en Pologne en vue de la Coupe du monde, le nouveau président de la FBF était à Zurich, en Suisse, pour rencontrer le président de la FIFA, Gianni Infantino. Il était accompagné de son prédécesseur, Mathurin de Chacus. La rencontre avec le patron du football mondial n’est évidemment pas, en elle-même, un problème. Elle peut même être porteuse d’enjeux importants pour le football béninois. Mais plusieurs interrogations entourent les conditions de ce déplacement.
Selon des informations concordantes, Marcellin Bocovè aurait quitté Porto-Novo en indiquant à son comité exécutif qu’il se rendait en Pologne. Il aurait finalement effectué un passage par Zurich. Pourquoi cet arrêt à Zurich n’aurait-il pas été clairement porté à la connaissance de l’ensemble du comité exécutif ? Qui composait exactement la délégation présente à Zurich ? Pourquoi le nouveau président était-il accompagné exclusivement de son prédécesseur, Mathurin de Chacus ? Les membres du nouveau comité exécutif étaient-ils informés de cette rencontre ? Certains étaient-ils associés aux échanges, directement ou indirectement ?
Et surtout, quels étaient les véritables enjeux de cette rencontre avec Gianni Infantino ? S’agissait-il d’une simple prise de contact entre le nouveau président de la FBF et le président de la FIFA ? D’un rendez-vous préparé avant l’élection ? D’une démarche institutionnelle nécessitant la présence de l’ancien président ? Ou y avait-il d’autres sujets à l’ordre du jour ? À ce stade, aucune réponse officielle ne permet de lever l’ensemble de ces interrogations. Alors, y a-t-il des non-dits autour de cette rencontre ?
Dans un mandat présenté comme celui du consensus, de l’unité et du rassemblement, une première incompréhension de cette nature peut rapidement devenir un sujet de confiance. Parce qu’une liste unique peut donner l’image d’une équipe parfaitement soudée. Mais derrière cette unité électorale se trouvent des personnalités, des parcours et des sensibilités différentes. Le consensus ne tient donc pas seulement au fait de présenter une candidature commune. Il se mesure surtout dans la manière de décider une fois au pouvoir. La composition de la délégation, les raisons exactes de cette étape zurichoise et le contenu des échanges avec Gianni Infantino méritent donc d’être clarifiés dans les meilleurs délais pour le bien-être de ce nouveau comité exécutif.















