À la veille de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale, tous les regards sont tournés vers le président de la République, Romuald Wadagni. Ce vendredi 31 juillet 2026, conformément à la tradition, le chef de l’État doit s’adresser à la Nation à l’occasion de la fête de l’Indépendance, célébrée ce samedi 1er août. Au-delà du caractère solennel de ce rendez-vous, cette adresse revêt une dimension particulière puisqu’il s’agit du premier message de ce type du nouveau président béninois. Dans un contexte politique marqué par plusieurs attentes, l’opinion s’interroge déjà sur les grandes orientations et les sujets que Romuald Wadagni choisira de mettre en avant : bilan et perspectives, cohésion nationale, développement, jeunesse, économie, gouvernance ou encore avenir politique du pays.
Mais c’est surtout sur le terrain de l’apaisement politique que les attentes paraissent les plus fortes. Alors que la question des exilés et des personnes détenues dans le cadre de dossiers à connotation politique continue de susciter des interrogations dans une partie de l’opinion, beaucoup se demandent si le nouveau président choisira de s’exprimer ouvertement sur cette situation. Sous son prédécesseur Patrice Talon, ces questions avaient progressivement disparu du discours présidentiel, laissant persister un débat sur la décrispation de la vie politique nationale. Romuald Wadagni va-t-il ouvrir une nouvelle fenêtre sur ce dossier sensible ? Va-t-il évoquer la nécessité d’un dialogue, d’une réconciliation ou d’un apaisement entre les différentes composantes de la classe politique ?
À quelques heures de cette adresse très attendue, une chose est certaine : le discours du président sera scruté au-delà des formules protocolaires et des annonces économiques. Après les séquences politiques récentes et l’installation du Sénat, institution appelée à jouer un nouveau rôle dans la vie publique béninoise, les Béninois attendent également des signaux sur la cohésion nationale et la capacité du pouvoir à tourner certaines pages de la période précédente. Entre continuité et rupture, fermeté et ouverture, le premier message à la Nation de Romuald Wadagni pourrait ainsi donner le ton de son quinquennat. Une question demeure : le président saisira-t-il cette tribune symbolique de la fête de l’Indépendance pour parler de la réconciliation politique et de la décrispation que nombreux sont ceux qui appellent de leurs vœux ?















