Pour sortir définitivement de la crise qui oppose le Bénin et le Niger depuis juillet 2023, le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, défend une approche qu’il présente comme une solution durable plutôt qu’une simple réouverture de la frontière. Selon lui, les relations entre les deux pays doivent désormais être fondées sur une « frontière dédiée aux peuples », où les intérêts des populations frontalières priment sur les considérations politiques du moment. Pour le chef de l’État nigérien, la libre circulation des personnes et des biens ne devrait plus dépendre des changements de régime ou des divergences entre dirigeants, mais reposer sur des engagements solides et pérennes.
Dans cette logique, Abdourahamane Tiani propose la mise en place de mécanismes institutionnels et juridiques qu’il qualifie de véritables « verrous », destinés à empêcher tout chef d’État de fermer unilatéralement la frontière au gré des circonstances politiques. À ses yeux, ces garde-fous constitueraient le socle d’une coopération durable entre Cotonou et Niamey, en garantissant la continuité des échanges économiques, commerciaux et humains. Le président nigérien estime que seule une telle architecture permettra d’éviter qu’une nouvelle crise diplomatique ne replonge les deux pays dans une situation de blocage similaire à celle observée ces trois dernières années.
Ces exigences expliquent, selon Abdourahamane Tiani, le maintien de la fermeture de la frontière terrestre avec le Bénin. Le dirigeant nigérien conditionne toute reprise du trafic normal à la satisfaction de ces préalables, qu’il considère comme indispensables à un règlement définitif de la crise. Fermée depuis juillet 2023, la frontière entre les deux États totalise désormais trois années de blocus, une situation qui continue de peser sur les échanges commerciaux et les activités des populations vivant de part et d’autre de cet axe stratégique. L’évolution du dossier dépendra désormais de la capacité des deux gouvernements à trouver un compromis conciliant les préoccupations sécuritaires, diplomatiques et les attentes des communautés frontalières.















