L’ancien président de la République, Boni Yayi, a finalement décidé de siéger au sein du Sénat béninois en qualité de membre de droit, selon des informations rapportées par une source proche de l’ancien chef de l’État. Cette décision marque un revirement par rapport à sa position exprimée en novembre 2025, lorsqu’il avait rejeté avec fermeté la création de cette institution, qu’il qualifiait alors d’« antidémocratique » et contraire aux principes de la séparation des pouvoirs. À quelques jours de l’installation officielle du Sénat, prévue le 30 juillet prochain à Porto-Novo, l’ancien président rejoint ainsi les autres anciens chefs de l’État appelés à siéger, notamment Nicéphore Soglo et Patrice Talon.
Selon les mêmes sources, cette participation n’est toutefois pas un ralliement sans réserve à la réforme institutionnelle qu’il avait combattue. Boni Yayi aurait accepté d’occuper son siège après avoir formulé plusieurs attentes à l’endroit du président Romuald Wadagni. Parmi les principales conditions évoquées figurent la poursuite de la décrispation de la vie politique, le respect des libertés publiques, la libération des détenus politiques ainsi que le retour de certains exilés. Si le contenu précis des échanges n’a pas été officiellement confirmé, ces exigences traduisent la volonté de l’ancien dirigeant de voir le dialogue politique se consolider avant de jouer pleinement son rôle au sein de la nouvelle chambre haute.
La présence annoncée de Boni Yayi au Sénat intervient dans un contexte marqué par des signes d’apaisement de la classe politique, illustrés notamment par sa participation à la cérémonie d’investiture du président Romuald Wadagni en mai dernier. Son arrivée au sein de cette institution suscite déjà de nombreuses interrogations sur la portée politique de ce choix. Pour certains, il s’agit d’une reconnaissance des responsabilités que lui confère désormais la Constitution en tant qu’ancien président de la République ; pour d’autres, cette décision pourrait ouvrir une nouvelle phase de dialogue entre les différentes sensibilités politiques du pays, sans pour autant effacer les réserves qu’il avait exprimées à l’égard du Sénat.















