La Fédération des Radios Communautaires et Assimilées du Bénin poursuit son engagement en faveur du développement local et de la professionnalisation des acteurs communautaires. Ce lundi 8 juin 2026, l’organisation a procédé à Dassa-Zoumè au lancement officiel de deux sessions de formation destinées aux Organisations de la Société Civile (OSCs) et aux membres du Réseau des Femmes des Radios Communautaires et Assimilées du Bénin (ReFeRCAB). Organisées dans le cadre du projet « Des Médias pour une Société Civile Renforcée au Bénin » (MéSoCiR), cofinancé par l’Union européenne, ces formations abordent des thématiques au cœur des défis actuels du pays : la cohésion sociale, la participation citoyenne, la gestion des conflits communautaires et l’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques journalistiques des radios de proximité.
Dans son mot de bienvenue, le représentant du président de Radio Ilèma de Dassa-Zoumè a exprimé sa fierté de voir la cité des 41 collines accueillir une rencontre d’une telle portée. Il a souligné que Dassa-Zoumè est devenue, le temps de ces travaux, le point de convergence de responsables d’organisations citoyennes, de journalistes et de leaders communautaires venus des départements du Littoral, de l’Ouémé-Plateau, du Mono-Couffo ainsi que du Zou-Collines. Selon lui, cette initiative illustre parfaitement la mission des radios communautaires : rapprocher les populations, favoriser le dialogue et contribuer à la recherche de solutions aux préoccupations locales. Il a également insisté sur l’importance de ces formations qui permettront aussi bien de promouvoir la voix des femmes dans les médias que de renforcer les mécanismes de prévention et de gestion pacifique des conflits agropastoraux.
Procédant à l’ouverture officielle des travaux, le Secrétaire administratif du Conseil d’administration de la FeRCAB, Charles Laïlo, intervenant au nom du président du Conseil d’administration, le Dr Inoussa Guinin Asso, a rappelé que ces ateliers s’inscrivent dans la continuité des sessions organisées les 28 et 29 mai derniers à Parakou au profit des acteurs de la partie septentrionale du pays. Il a expliqué que le projet MéSoCiR repose sur une vision ambitieuse : faire des médias communautaires et de la société civile des partenaires stratégiques dans la consolidation de la démocratie locale, de la cohésion sociale et du développement durable. Pour les représentants des OSC, les travaux porteront sur la participation citoyenne et la cohésion sociale avec un accent particulier sur les conflits agropastoraux et climatiques, tandis que les membres du ReFeRCAB bénéficieront d’une immersion dans les outils numériques de nouvelle génération appliqués au journalisme communautaire.
Charles Laïlo a notamment souligné que l’intelligence artificielle transforme profondément le paysage médiatique et offre de nouvelles perspectives aux radios communautaires. Selon lui, des solutions telles que ChatGPT, Gemini ou Auphonic constituent aujourd’hui des outils capables d’améliorer la production de contenus, de faciliter le traitement de l’information et d’accroître la portée des messages diffusés sur les antennes locales. Toutefois, a-t-il insisté, ces innovations ne sauraient remplacer le jugement professionnel des journalistes ni les exigences déontologiques qui fondent la crédibilité des médias. À travers cette double formation, la FeRCAB entend ainsi créer une synergie entre société civile et médias communautaires afin de produire des plaidoyers plus solides, mieux documentés et plus audibles dans l’espace public.
Au-delà du renforcement des compétences, ces sessions témoignent de la volonté de la FeRCAB de préparer les acteurs communautaires aux mutations sociales et technologiques en cours. L’organisation a profité de l’occasion pour saluer l’accompagnement technique de la Fondation Hirondelle ainsi que l’engagement des consultants Gaston Yamaro, Ali Kora Morat et Ousmane Mekalangou. En réunissant journalistes, responsables associatifs et experts autour d’une même dynamique, la FeRCAB confirme son rôle de référence dans la promotion d’une information de proximité de qualité et dans le renforcement de la participation citoyenne au service des communautés béninoises.















