Le gouvernement gabonais a marqué un tournant symbolique en tenant, pour la première fois, un Conseil des ministres entièrement vêtu de tenues traditionnelles africaines, principalement en pagne. Cette initiative, portée par le président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, traduit une volonté affirmée de replacer l’identité culturelle au cœur de l’action publique.
À travers cette décision, les autorités gabonaises entendent promouvoir les valeurs culturelles nationales et africaines, tout en encourageant la consommation locale et la valorisation de l’artisanat textile. Selon les informations relayées par les autorités, les agents de l’administration publique devront désormais porter des tenues africaines, notamment le pagne, chaque vendredi.
Au sein du gouvernement, cette mesure suscite déjà un large enthousiasme. Marie-Edith Tassyla Ye-Doumbeneny, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, chargée de l’Intégration et de la Diaspora, s’est réjouie de cette première expérience qu’elle considère comme un acte fort de valorisation culturelle.
« Je suis très fière d’assister au premier Conseil des ministres habillée en robe africaine et je félicite le chef de l’État pour cette décision », a-t-elle déclaré, avant de rappeler la place essentielle du pagne dans l’identité de la femme africaine.
Dans la même dynamique, Florence Mengue Me Nzoghe a estimé que cette orientation traduit « l’ancrage profond » du président Oligui Nguema dans les valeurs africaines. Pour elle, cette initiative dépasse le cadre gabonais et participe à la construction d’une unité africaine capable de favoriser l’émergence du continent et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, a, pour sa part, insisté sur les retombées économiques et identitaires de cette décision. Selon lui, le port des tenues africaines dans l’administration publique permettra non seulement de valoriser l’artisanat local, mais aussi de rappeler aux Gabonais leurs racines culturelles.
Même tonalité chez Sosthène Nguema Nguema, ministre des Mines et des Ressources géologiques, qui a décrit la salle du Conseil des ministres comme « une véritable vitrine du patrimoine africain gabonais ». Chaque tenue portée par les membres du gouvernement représente, selon lui, « une identité, une histoire et une richesse culturelle propre ».
Quant à Camelia Ntoutoume Leclercq, ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, elle voit dans cette mesure une démarche à la fois culturelle, économique et patriotique. « La valorisation de nos traditions, c’est la valorisation de nos cultures. Ce qui constitue tout homme, c’est d’abord son identité culturelle », a-t-elle affirmé.
La ministre souligne également les opportunités économiques qu’une telle réforme pourrait générer pour les couturiers, stylistes et acteurs du textile local. Elle appelle ainsi à une appropriation nationale de cette initiative, estimant que le port du pagne par les plus hautes autorités de l’État doit inspirer l’ensemble des citoyens.
Au-delà du symbole vestimentaire, cette réforme apparaît comme une affirmation de souveraineté culturelle et un moyen pour les nouvelles autorités gabonaises de renforcer le sentiment d’appartenance nationale. En plaçant la culture au centre de la gouvernance, le pouvoir entend conjuguer modernité, identité et développement économique.
Cette première séance du Conseil des ministres en tenue traditionnelle pourrait ainsi ouvrir la voie à une nouvelle dynamique culturelle au sein de l’administration gabonaise, avec en toile de fond la promotion des valeurs africaines et du savoir-faire local.
Kouassi Oswald SIDOL (Stg)















