Le Burkina Faso s’est doté d’un nouveau cadre institutionnel régissant le processus électoral. Les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) ont adopté, vendredi 27 mars 2026, à l’unanimité, une révision de la Charte de la transition, marquant un tournant dans l’organisation politique du pays.
Le texte, qui remplace la Charte de 2022, a été approuvé par 70 députés sur les 71 que compte l’ALT, sans aucune opposition ni abstention. Cette adoption unanime traduit, selon ses promoteurs, une volonté commune de consolider les institutions dans un contexte marqué par la « Révolution progressiste populaire ».
Présentée comme un instrument de stabilisation, la nouvelle charte vise à « doter le Burkina Faso d’un cadre institutionnel consolidé encadrant la conduite de la transition ». Elle entérine officiellement la « Révolution progressiste populaire » (RPP), proclamée le 1er avril 2025 par le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré.
Parmi les principales innovations du texte figure la clarification des conditions d’éligibilité aux prochaines échéances électorales. La charte précise notamment que l’actuel chef de l’État est autorisé à se porter candidat aux élections présidentielle, législatives et municipales appelées à mettre fin à la transition. Une disposition qui lève toute incertitude sur sa participation aux scrutins à venir.
Le nouveau cadre institutionnel introduit également des changements dans l’architecture des institutions. Le gouvernement de la transition est désormais désigné sous l’appellation de « gouvernement du Peuple », tandis que l’Assemblée législative de transition devient « Assemblée législative de la Révolution » (ALR).
En parallèle, la charte consacre la suppression de la représentation des partis et mouvements politiques au sein de l’organe législatif. Les sièges qui leur étaient jusque-là attribués ont été réaffectés. Cette réforme s’inscrit dans la continuité de la dissolution de la charte des partis politiques et de la suppression du statut de l’opposition.
Désormais, les formations politiques ne bénéficient plus d’une représentation garantie au Parlement, une évolution majeure dans le paysage institutionnel burkinabè. L’adoption de cette nouvelle charte intervient un an après l’officialisation de la Révolution progressiste populaire par les autorités de transition.
Avec ce texte, les autorités entendent redéfinir les bases politiques et institutionnelles du pays, en prélude aux futures échéances électorales censées marquer la fin de la transition en cours.
Anselme ORICHA














