L’annonce du retrait de l’ancien président Thomas Boni Yayi de la présidence du parti Les Démocrates ne bouleverse pas seulement l’équilibre interne de l’opposition béninoise. Cette décision pourrait également avoir des effets inattendus dans certains cercles d’activistes politiques très engagés dans la défense du pouvoir. Depuis plusieurs années, la figure de Boni Yayi constituait en effet une cible privilégiée de critiques, de débats et de confrontations verbales sur les réseaux sociaux et dans plusieurs espaces d’expression publique.
Avec ce retrait, celui qui fut longtemps présenté comme l’adversaire politique principal de la majorité pourrait désormais offrir moins de matière aux activistes communément appelés « Klébers ». Ces derniers, dont l’activité consiste souvent à réagir aux prises de position ou aux actions de l’ancien chef de l’État, pourraient voir leur terrain de prédilection se réduire. En l’absence d’interventions régulières de Boni Yayi à la tête du parti Les Démocrates, le volume de polémiques et de joutes verbales susceptibles d’alimenter leurs sorties médiatiques pourrait considérablement diminuer.
L’impact pourrait également se faire sentir dans certains milieux médiatiques. Des journalistes et organes de presse qui ont souvent construit leurs analyses ou commentaires autour des positions de l’ancien président devront peut-être revoir leurs angles de traitement de l’actualité politique. Si la vie politique nationale reste riche en événements, le retrait de Thomas Boni Yayi de la tête de son parti pourrait bien représenter, pour certains acteurs habitués à faire de lui leur principal sujet de critique, un véritable manque à gagner en matière de visibilité et de contenu.















