Le Secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a échangé avec les professionnels des médias de Parakou dans l’après-midi de ce mercredi 25 février 2026. La rencontre, tenue dans la salle de conférence de la radio Parakou, a permis d’aborder plusieurs sujets brûlants de l’actualité nationale.
Au menu des discussions : la situation des agents de la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB), ex-ORTB, notamment la mise à la retraite anticipée de certains agents, les licenciements pour raisons économiques et la fermeture de la radio Parakou. Les échanges ont également porté sur la réforme annoncée dans le secteur des médias, la création prochaine d’une agence chargée de la lutte contre la malaria et les moustiques, ainsi que les garanties liées à l’utilisation des moyens de l’État dans le cadre de la campagne présidentielle.
Retraites anticipées et licenciements à la SRTB
Interrogé sur sa lecture de la retraite anticipée de certains agents de la SRTB, le porte-parole du gouvernement a estimé que « cela fait partie de la vie d’une entreprise : les ajustements, les liquidations, les licenciements pour raisons économiques ou pour insuffisance de travail ».
Selon Wilfried Léandre Houngbédji, ces décisions relèvent du fonctionnement normal d’une organisation. « Une personne morale peut s’ajuster à tout moment », a-t-il expliqué, tout en précisant qu’il ne lui revenait pas de juger la décision prise par la direction. Toutefois, il a ajouté que « si la hiérarchie en arrive à la conclusion qu’il faut prendre une telle mesure pour que la maison respire, il s’agit d’une décision stratégique ».
Même en cas de licenciement pour motif économique ou pour insuffisance de travail, il se dit convaincu que « ceux qui font bien leur travail n’ont rien à craindre ». Il a rappelé qu’une mission d’audit du personnel a récemment séjourné dans l’entreprise afin d’évaluer la performance des agents, de vérifier l’adéquation profil-emploi et de produire un rapport transmis à la direction générale de la SRTB. En attendant les conclusions, il a invité les agents au calme.
Candidature de Romuald Wadagni et débat sur la démission
La question de la démission du ministre d’État, chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, pour se consacrer à sa candidature à l’élection présidentielle d’avril prochain, a également été soulevée.
En réponse, le porte-parole du gouvernement a rappelé que « vouloir être Président de la République, c’est être capable de gérer plusieurs chantiers à la fois ». Il a évoqué des précédents dans l’histoire politique nationale, citant notamment Mathieu Kérékou, Nicéphore Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon, qui ne s’étaient pas nécessairement démis de leurs fonctions lors de leurs candidatures.
« Pourquoi faire de la démission d’un ministre une obligation là où la loi ne l’impose pas ? », a-t-il lancé, estimant que l’essentiel demeure la capacité du ministre à assumer ses responsabilités gouvernementales tout en menant sa campagne.
Relancé sur les garanties concernant l’utilisation des moyens de l’État, Wilfried Léandre Houngbédji a assuré que si, par le passé, des présidents en exercice ont pu se représenter sans démissionner sans pour autant détourner les moyens publics, il n’y a pas de raison que cela pose problème en 2026. Selon lui, le cadre légal et institutionnel reste clair et contraignant.
Cumul de fonctions et rationalisation gouvernementale
Abordant la question du cumul de fonctions au sein du gouvernement et des ministères restés sans remplacement, le porte-parole a évoqué une logique de « rationalisation et d’efficacité ».
D’après ses explications, le Chef de l’État a opté pour une gestion sobre, visant à faire des économies. « Le Chef de l’État a fait de la bonne gouvernance un cheval de bataille. À cette étape du mandat, il estime qu’il n’est pas pertinent de remplacer un ministre qui quitte le gouvernement, quelle qu’en soit la raison. C’est pourquoi certains ministères ont été jumelés », a-t-il précisé.
Il a invité à reconnaître cette option comme un choix assumé de gouvernance responsable.
Création d’une agence de lutte contre la malaria
Enfin, s’agissant de la création annoncée d’une agence dédiée à la lutte contre la malaria et les moustiques, le porte-parole a tenu à dissiper toute confusion. Cette nouvelle structure n’implique pas automatiquement la suppression du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).
Selon lui, il s’agit plutôt d’une démarche stratégique visant à « aller plus loin et plus vite » dans la lutte contre le paludisme, qui continue de peser lourdement sur le système de santé et les ménages béninois. L’objectif est de renforcer les mécanismes d’intervention, d’innovation et de coordination.
L’horizon de dix ans évoqué s’inscrit dans une logique de planification stratégique, avec des agences conçues pour produire des résultats mesurables dans un délai défini.
A.O















