La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a signé jeudi 19 février au palais présidentiel de Caracas la loi d’amnistie adoptée à l’unanimité quelques minutes plus tôt par l’Assemblée nationale du Venezuela, marquant une étape majeure dans l’évolution politique du pays. Cette loi vise à ouvrir la voie à la libération de centaines de détenus pour des motifs politiques et à apaiser des années de tensions entre les forces en présence, notamment après les épisodes de manifestations et de confrontations politiques qui ont marqué la scène nationale depuis plusieurs décennies. « Il faut savoir demander pardon et il faut aussi savoir recevoir le pardon », a déclaré Delcy Rodríguez après avoir signé le texte, soulignant l’importance de la réconciliation nationale dans un contexte politique profondément divisé.
Le texte d’amnistie couvre des faits s’étant produits lors de treize périodes précises de crise politique depuis 1999, mais exclut clairement certains cas sensibles. Ne seront pas éligibles les personnes ayant commis des « violations graves des droits de l’homme », des « crimes contre l’humanité », des homicides, du trafic de drogue ou des infractions de corruption, ni celles qui ont « promu, instigué, favorisé ou financé » des actions armées contre l’intégrité du pays. Cette limitation, destinée à protéger la souveraineté et la sécurité du Venezuela, reflète les débats et concessions qui ont entouré l’élaboration du texte, entre volonté d’apaisement et exigences de justice.














