Face à la montée des appels de détresse liés au coût de la prise en charge de l’insuffisance rénale, le gouvernement béninois a choisi de sortir du silence. Ce jeudi 5 février 2026, le porte-parole de l’exécutif, Wilfried Léandre Houngbedji, s’est exprimé lors d’un direct sur le réseau social TikTok afin d’apporter des clarifications sur une question devenue hautement sensible. Entre attentes sociales fortes et contraintes budgétaires, l’intervention visait à contextualiser les efforts de l’État tout en reconnaissant les difficultés persistantes des patients dialysés.
Au cœur de son argumentaire, le gouvernement met en avant la décentralisation des soins comme avancée majeure. Alors qu’avant 2016, un seul centre public de dialyse fonctionnait à Cotonou, le pays dispose aujourd’hui de quatre centres opérationnels, notamment à Cotonou, Parakou, Abomey et Porto-Novo. Cette extension géographique permet de rapprocher les soins des patients vivant à l’intérieur du pays et de réduire les charges indirectes liées aux déplacements et à l’hébergement. Pour l’exécutif, cette évolution marque une amélioration structurelle de l’offre de soins, même si elle ne règle pas entièrement la question de l’accessibilité financière.
Sur le plan de la prise en charge, Wilfried Léandre Houngbedji a tenu à nuancer la perception d’une gratuité totale antérieure. Il rappelle qu’avant 2016, un peu plus de 400 patients, considérés comme indigents, bénéficiaient d’un appui intégral de l’État. Aujourd’hui, avec l’augmentation significative des cas, cette prise en charge systématique n’est plus généralisée. Pour alléger le coût des soins, le gouvernement affirme avoir supprimé les taxes sur les intrants de dialyse importés, dans l’espoir de faire baisser les tarifs. Malgré ces mesures, l’insuffisance rénale demeure une préoccupation nationale majeure, posant avec acuité la question de l’accès équitable aux soins et de la soutenabilité du système de santé au Bénin.















