Au lendemain de la proclamation des résultats provisoires par la CENA, la FCBE et son secrétaire exécutif national Paul Hounkpè sortent enfin du silence pour dénoncer un système électoral qu’ils ont pourtant longtemps accompagné sans broncher. Cette sortie tardive ressemble davantage à un cri de dépit qu’à une posture de cohérence politique. Angnanga — pour reprendre l’expression en langues nationales dendi et bariba, qui signifie « il n’a encore rien vu » — semble aujourd’hui s’appliquer parfaitement à une FCBE qui feint la surprise face à une réalité pourtant annoncée et dénoncée bien avant les élections par d’autres leaders de l’opposition.
Ce que la FCBE condamne aujourd’hui avec vigueur — réformes électorales déséquilibrées, exclusion de l’opposition, dysfonctionnements du processus — avait été pointé du doigt depuis des années. Mais à l’époque, le parti de Paul Hounkpè avait choisi l’alignement, l’accompagnement et parfois même l’approbation tacite de ces mêmes mécanismes. Pourquoi ce réveil maintenant, après une débâcle électorale sanctionnée par zéro député et zéro maire ? La question mérite d’être posée. Peut-on sérieusement dénoncer aujourd’hui ce que l’on a cautionné hier, simplement parce que les urnes ont parlé sans indulgence ?
En réalité, cette sortie ressemble moins à une défense de la démocratie qu’à une tentative maladroite de sauver la face. Les Béninois ne sont pas dupes. Les résultats sont clairs et traduisent la place réelle qu’occupe désormais la FCBE sur l’échiquier politique. Angnanga, encore : le parti croyait peut-être tromper le peuple par un discours de dernière minute, mais les urnes ont tranché. Il ne reste plus à la FCBE qu’à accepter cette vérité politique, à assumer ses choix passés et à comprendre que la crédibilité ne se reconstruit ni dans le déni ni dans les lamentations d’après-scrutin.















