Le silence prolongé de l’ancien président de la République, Boni Yayi, dans un contexte sociopolitique jugé à la fois préoccupant et inquiétant, continue d’alimenter interrogations et spéculations au sein de l’opinion publique. Alors que le pays traverse une période électorale sensible, marquée par des tensions latentes et des attentes fortes des acteurs politiques, l’absence quasi totale de la voix du président du parti Les Démocrates intrigue. Beaucoup s’interrogent : l’ancien chef de l’État serait-il lui aussi dépassé par l’ampleur des événements, ou s’agit-il d’un choix stratégique mûrement réfléchi ?
Contrairement aux habitudes politiques où la conquête du terrain s’intensifie à l’approche des élections, Boni Yayi a semblé opter pour une posture de retrait, laissant le champ libre aux interprétations. Certes, son entourage avait évoqué une retraite sanitaire, mais d’un retrait politique durable, peu étaient véritablement informés. Ce n’est que le samedi 24 janvier dernier à la cérémonie d’hommage au professeur Karim Dramane tenue à Tchaourou que l’homme a fait sa première apparition publique après de longues semaines d’absence, suscitant aussitôt une vague de commentaires et de questionnements dans les cercles politiques et médiatiques. Certains y voient le signe d’un désintérêt pour une campagne perçue comme jouée d’avance, d’autres redoutent un affaiblissement de la dynamique de l’opposition.
Dès lors, une question centrale demeure : à quoi faut-il s’attendre après cette réapparition ? Un prolongement du silence, interprété comme une forme d’abdication politique, ou au contraire une prise de parole forte pour réaffirmer sa détermination et son engagement en faveur de la sauvegarde des acquis démocratiques issus de la Conférence nationale des forces vives de 1990 ? En attendant une clarification, l’opinion publique observe avec attention, consciente que chaque geste, chaque mot de l’ancien président pourrait peser lourdement sur l’orientation du débat politique national.















