Le constat est aujourd’hui largement partagé : le taux de participation aux élections législatives et communales de 2026 est nettement en dessous des attentes. Dans de nombreux centres et bureaux de vote à travers le territoire national, l’affluence est restée faible, parfois clairsemée, rarement enthousiaste. Les premières tendances indiquent un taux qui peine à atteindre la barre des 50 %, voire, dans certaines zones, à dépasser le tiers de l’électorat inscrit. Cette réalité, visible à l’œil nu le jour du scrutin, interroge profondément sur l’état de l’engagement citoyen et sur la relation entre les populations et le processus électoral.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce désintéressement progressif des électeurs. Depuis 2019, les scrutins successifs se sont déroulés dans un contexte qualifié par une partie de l’opinion d’« exclusif », marqué par l’absence ou la marginalisation de forces politiques majeures. Cette année encore, la non-participation du principal parti d’opposition, Les Démocrates, à certaines élections clés, combinée à sa fragilisation sur l’échiquier politique, a contribué à installer un sentiment de vote sans réel enjeu pour une frange importante de la population. À cela s’ajoutent la lassitude électorale, la perte de confiance dans l’efficacité du vote et le sentiment, chez certains citoyens, que leur choix n’influence plus réellement les orientations politiques du pays.
Ainsi, tous les éléments semblent réunis pour expliquer cette chute de la participation : désillusion, fatigue démocratique et perception d’un jeu politique verrouillé. Ce « cocktail » laisse un goût amer dans un pays qui fut longtemps cité comme un modèle de vitalité démocratique en Afrique de l’Ouest. Le faible taux de participation aux législatives et communales de 2026 apparaît alors non pas comme un simple accident, mais comme le symptôme d’une crise plus profonde de la démocratie participative, appelant à une réflexion nationale sur l’inclusivité du processus électoral et la restauration de la confiance entre gouvernants et gouvernés.














