Les tensions diplomatiques s’intensifient autour du dossier nucléaire iranien. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, regroupés sous l’appellation E3, ont officiellement saisi le Conseil de sécurité de l’ONU, accusant Téhéran de ne pas respecter ses engagements issus de l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA). En activant le mécanisme du « snapback », les Européens ouvrent la voie à un rétablissement automatique des sanctions internationales dans un délai de 30 jours, une mesure qui pourrait isoler davantage l’Iran sur la scène internationale.
Du côté de Téhéran, la riposte ne s’est pas fait attendre. Le vice-ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dénoncé une décision « illégale et injustifiée », avertissant que l’Iran pourrait mettre fin à toute coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Soutenue par la Russie, qui estime que cette procédure n’a « aucune base légale », l’Iran continue d’affirmer que son programme nucléaire reste civil, et refuse toute suspension de ses activités d’enrichissement d’uranium malgré les pressions.
Les perspectives de négociation apparaissent de plus en plus minces. Alors que l’E3 réclame une reprise du dialogue, une coopération accrue avec l’AIEA et une limitation du programme balistique iranien, Téhéran campe sur ses positions. Les États-Unis, de leur côté, exigent l’arrêt pur et simple de l’enrichissement d’uranium. Avec un JCPOA déjà fragilisé depuis le retrait américain en 2018, la menace d’un retour aux sanctions onusiennes risque d’accentuer la crise et d’éloigner toute issue diplomatique durable.