Dix ans après sa création, la New Development Bank (NDB), la Banque des Brics, fait l’objet d’un premier bilan à l’occasion du sommet du groupe, ce 6 juillet 2025 à Rio de Janeiro. Présentée à sa naissance comme une alternative crédible aux institutions de Bretton Woods, la NDB ambitionnait de financer les infrastructures, soutenir un développement plus équitable et porter la voix des économies émergentes. Aujourd’hui, avec 120 projets approuvés pour un total de 40 milliards de dollars, dont dix en Afrique, l’institution se veut une réponse concrète à la crise du financement du développement. Mais les résultats restent contrastés, notamment face à l’ampleur des défis sociaux et économiques dans plusieurs États membres, encore fortement marqués par la pauvreté.
Le président brésilien Lula da Silva, dans son discours d’ouverture, a salué une « banque au service d’un modèle plus juste », pendant que son homologue chinois voyait en elle « un symbole de la coopération Sud-Sud ». À Shanghai, où se trouve son siège, la NDB mise désormais sur l’usage accru des monnaies locales dans ses financements – un tiers des prêts sont aujourd’hui libellés en devise nationale – et sur une gouvernance plus inclusive. Sa présidente, Dilma Rousseff, multiplie les appels à la réforme de l’architecture financière internationale, dans un contexte de repli des aides classiques, notamment après la disparition de l’agence américaine USAID. Sa participation récente à la réunion des banques multilatérales à Paris, aux côtés de la Banque mondiale et de la BAD, marque une volonté d’ancrage global.
Pour autant, les comparaisons restent parfois peu flatteuses. À titre d’exemple, la Banque africaine de développement a investi 11 milliards de dollars rien qu’en 2024, soit plus du quart des financements cumulés de la NDB depuis sa création. Si l’Inde, la Chine et le Brésil demeurent les principaux contributeurs et bénéficiaires des projets, la portée régionale de l’institution reste encore à renforcer. Les analystes s’accordent à dire que le défi des dix prochaines années sera celui de l’efficacité et de l’élargissement de l’impact, au-delà des grandes déclarations diplomatiques. La NDB devra donc passer de l’ambition à la transformation durable pour mériter pleinement son rôle d’alternative.















