À trois semaines du premier tour de la présidentielle du 12 avril 2026, la scène politique béninoise est secouée par un ralliement inattendu. Chabi Yayi a officiellement apporté son soutien au candidat de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni, dans une déclaration accordée à Jeune Afrique ce mardi 24 mars. Cette prise de position marque une rupture notable pour celui qui occupait encore récemment un poste stratégique au sein du parti Les Démocrates, et intervient dans un contexte électoral particulièrement tendu face notamment au candidat de la FCBE, Paul Hounkpè.
Pour justifier ce choix, Chabi Yayi met en avant une démarche qu’il qualifie de « pragmatique », évoquant une convergence de visions avec Romuald Wadagni. L’ancien cadre des Démocrates insiste sur une relation de longue date avec le ministre de l’Économie et des Finances, qu’il décrit comme un homme d’écoute et de dialogue, y compris dans les moments de divergences politiques. Selon lui, une éventuelle victoire de Wadagni ouvrirait une nouvelle page pour le Bénin, fondée sur la concertation et la capacité à dépasser les clivages traditionnels.
Au-delà de la simple alliance électorale, ce ralliement pourrait avoir des implications plus larges sur le climat politique national. Chabi Yayi affiche son ambition de contribuer à une décrispation, notamment sur les dossiers sensibles liés à certaines figures politiques en détention. Évoquant des cas emblématiques comme Reckya Madougou et Joël Aïvo, il appelle à une réflexion sur leur situation. Dans un contexte où lui-même a récemment été inquiété par la justice, notamment dans l’affaire liée au lieutenant-colonel Pascal Tigri, il affirme n’éprouver aucune rancœur personnelle. Ce repositionnement stratégique pourrait ainsi redessiner les équilibres politiques à l’approche d’un scrutin décisif.















