À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, l’étudiant en agronomie à l’Université de Parakou, Tognon Flano Ayeda Kebo Junior, a livré une réflexion profonde autour du thème retenu cette année : « Droits, justice et action pour toutes ». Pour ce jeune universitaire en Licence 3, option science et technique de production végétale, le 8 mars ne doit pas se limiter à des discours, conférences ou slogans valorisant l’égalité. Il invite plutôt à interroger le sens réel du mot « toutes », souvent prononcé dans les déclarations officielles mais rarement interrogé dans sa portée concrète. Selon lui, derrière les messages de célébration, il existe encore des disparités importantes entre les femmes qui bénéficient de visibilité dans les espaces publics et celles dont les réalités restent peu évoquées.
Dans son analyse, l’étudiant observe qu’une nouvelle génération de femmes urbaines, diplômées et engagées occupe de plus en plus l’espace médiatique et institutionnel. Leur leadership et leur engagement sont, à ses yeux, essentiels pour la promotion de l’égalité. Toutefois, il rappelle que pendant que ces voix résonnent dans les conférences et les médias, de nombreuses autres femmes mènent leurs combats quotidiens dans une relative invisibilité. Dans les zones rurales notamment, des femmes travaillent chaque jour dans les champs, dans les marchés ou au sein de leurs familles, contribuant fortement à l’économie et à la cohésion sociale sans toujours bénéficier des mêmes opportunités d’expression, de formation ou d’accompagnement.
Pour Tognon Flano Ayeda Kebo Junior, la célébration du 8 mars devrait ainsi être un moment de lucidité collective. Il appelle à une autonomisation plus inclusive, prenant davantage en compte les réalités territoriales et sociales. Cela suppose, selon lui, de multiplier les initiatives de formation de proximité, de valoriser les langues locales et surtout d’ouvrir les espaces de parole aux femmes issues des milieux ruraux. Le jeune étudiant estime enfin que la jeunesse a un rôle déterminant à jouer dans cette transformation afin que les notions de droits, justice et action ne restent pas de simples mots, mais deviennent une réalité pour chaque femme, qu’elle vive en ville ou dans les villages les plus reculés.















