Alors que la plupart des maires ont été régulièrement installés à la tête des communes du Bénin à l’issue des dernières désignations, une situation pour le moins incompréhensible continue de susciter l’indignation : les chefs d’arrondissement (CA) ne sont toujours pas officiellement connus dans plusieurs localités. Ce décalage crée un malaise perceptible au sein des populations, qui peinent à comprendre pourquoi la dynamique enclenchée au niveau communal ne s’est pas poursuivie avec la même célérité dans les arrondissements. Comment justifier qu’après la mise en place des maires, les maillons essentiels de la gouvernance de proximité tardent encore à être désignés ?
Plus préoccupant encore, certains chefs d’arrondissement, parfois non candidats lors des dernières consultations, continuent d’exercer comme si de rien n’était. Cette situation entretient la confusion et fragilise la lisibilité de l’action publique à la base. Les arrondissements constituent pourtant l’échelon le plus proche des citoyens, celui où se règlent les questions quotidiennes liées à l’état civil, à la médiation sociale ou encore à la coordination des initiatives locales. Le vide ou le flou actuel alimente rumeurs, frustrations et interrogations légitimes sur les raisons administratives, politiques ou stratégiques qui expliqueraient un tel retard.
Jusqu’à quand cette attente va-t-elle durer ? Les populations, déjà confrontées à de nombreux défis socio-économiques, réclament de la clarté et de la cohérence dans la gouvernance locale. La stabilité institutionnelle et le respect du calendrier politique sont des exigences démocratiques fondamentales. Il devient urgent que les autorités compétentes éclairent l’opinion publique sur les causes de ce retard et fixent un cap précis pour la désignation des chefs d’arrondissement. Car au-delà des considérations partisanes, c’est la crédibilité du processus et la confiance des citoyens envers leurs institutions qui sont en jeu.















