Invité de Radio Bénin ce lundi 23 février 2026, le Dr Shègun Gildas Aizannon, agrosociologue et expert en gouvernance locale, s’est prononcé sur le nouveau mode de désignation des maires au Bénin. Se plaçant à la fois en théoricien et en praticien de la décentralisation, il reconnaît que la réforme suscite des appréciations divergentes. Pour certains, elle traduirait une réduction de l’expression démocratique au niveau communal. Toutefois, selon lui, il serait difficile de nier que les aménagements apportés par la récente loi ont globalement favorisé l’émergence de profils techniquement plus solides à la tête des communes.
Pour le spécialiste, cette évolution marque une rupture avec certaines pratiques du passé où, parfois, des considérations peu liées aux compétences managériales pouvaient influencer le choix des maires. Désormais, estime-t-il, les partis politiques assument davantage leur responsabilité en investissant des cadres jugés plus aguerris pour conduire l’action communale. Il cite notamment le cas de Luc Gnancadja à la tête de la municipalité de Cotonou, dont l’expérience en matière d’aménagement et d’environnement constitue, selon lui, un atout indéniable. À l’en croire, cette orientation s’inscrit dans la dynamique impulsée par le président Patrice Talon, avec l’ambition de disposer, du niveau central au niveau communal, de managers capables de planifier, suivre et évaluer efficacement les politiques publiques.
Au-delà de la satisfaction affichée, Dr Aizannon appelle cependant à une exigence accrue de performance et de redevabilité. Les nouveaux maires, investis de la confiance de leurs partis, seront attendus sur leur capacité à mobiliser les ressources propres, élargir l’assiette fiscale et restaurer la confiance des populations. Transparence budgétaire, communication régulière et séances de reddition de comptes devront, selon lui, accompagner l’action des exécutifs communaux. C’est à ce prix que les communes béninoises pourront devenir plus attractives, plus modernes et véritablement alignées sur les ambitions nationales de développement.














