La tiktokeuse béninoise Florence Kingbo a de nouveau comparu devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour des propos jugés outrageants à l’encontre du président Patrice Talon. À l’audience, la défense a tenté de plaider un trouble mental afin d’atténuer la responsabilité pénale de la prévenue, évoquant des prises de parole impulsives sur les réseaux sociaux. Une stratégie qui visait à obtenir la clémence de la Cour face à des déclarations largement relayées et controversées.
Mais Florence Kingbo a pris tout le monde de court en rejetant catégoriquement cette ligne de défense. S’exprimant avec assurance, elle a affirmé être parfaitement lucide et assumer l’intégralité de ses propos. Mieux, la prévenue n’a pas caché son indifférence face à la procédure judiciaire en cours, déclarant sans détour que son dossier pouvait être reporté « jusqu’en 2030 » sans que cela ne la dérange. Des propos forts qui ont marqué l’audience et renforcé l’image d’une inculpée défiant ouvertement la pression judiciaire.
Poursuivant sur le même ton provocateur, Florence Kingbo a également soutenu qu’elle se sentait « à l’aise en prison », allant jusqu’à affirmer qu’elle y mangeait « sept fois par jour ». Une sortie qui a suscité murmures et réactions dans la salle. Au terme de l’audience, la Cour a décidé de renvoyer le dossier au mois de mars pour le délibéré du ministère public, prolongeant ainsi une affaire devenue emblématique des tensions entre liberté d’expression sur les réseaux sociaux et respect des institutions au Bénin.















