Trois photojournalistes gazaouis, Anas Ghunaim, Abdul Shaath et Mohammad Qeshta, ont perdu la vie lors d’une frappe israélienne alors qu’ils couvraient un camp de déplacés récemment installé dans le centre de la bande de Gaza, près du corridor de Netzarim. Selon les informations rapportées par notre correspondante à Jérusalem, Alice Froussard, les victimes se trouvaient à bord de leur véhicule au moment où celui-ci a été directement visé. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent un véhicule calciné et des scènes de recueillement poignantes de collègues et de proches autour des dépouilles.
La frappe est survenue dans le secteur d’al-Zahra, au centre de l’enclave palestinienne. La Défense civile a confirmé que les corps des trois journalistes ont été transférés à l’hôpital des Martyrs d’al-Aqsa, à Deir el-Balah. Selon un témoin cité par l’AFP, ils utilisaient un drone pour filmer une distribution d’aide humanitaire organisée par le Comité égyptien de secours lorsqu’un véhicule civil les accompagnant a été ciblé par une attaque aérienne. Les secours évoquent une frappe sur un véhicule non armé, renforçant les interrogations sur les circonstances exactes de l’incident.
De son côté, l’armée israélienne a déclaré avoir pris pour cible trois « suspects » opérant un drone jugé menaçant pour ses troupes, affirmant que l’appareil servait à recueillir des renseignements, sans toutefois fournir de preuves à l’appui. Mohammed Mansour, porte-parole du comité égyptien, soutient au contraire que le véhicule était clairement identifié et connu des forces israéliennes. Une enquête interne est annoncée par l’armée, tandis que ce drame relance les inquiétudes sur la sécurité des journalistes et la protection des civils dans un conflit où l’information reste un enjeu vital.















