La France a officiellement refusé de donner suite à l’adhésion au projet de « Board of Peace », a annoncé lundi 19 janvier le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors d’un débat à l’Assemblée nationale. « À ce stade, la France ne peut donner suite », a-t-il déclaré, justifiant cette position par le fait que la charte de ce Conseil de paix « dépasse le cadre de Gaza » et du plan de paix endossé par les Nations unies. Selon lui, le texte, dans sa rédaction actuelle, est incompatible avec les engagements internationaux de la France, notamment son adhésion à l’ONU, « qui ne saurait en aucun cas être remise en cause ».
Plus tôt dans la journée, devant l’Académie des sciences morales et politiques, Jean-Noël Barrot avait déjà exprimé ses réserves, estimant que ce « Conseil de paix » était « très loin de la Charte des Nations unies ». Il y voit une nouvelle illustration de la recomposition de l’ordre international, marquée par un « duopole » entre les États-Unis et la Chine, chacun développant selon lui une vision alternative à celle de l’ONU pour imposer un nouvel ordre mondial où il jouerait un rôle central. Le chef de la diplomatie française a également évoqué l’Initiative pour la gouvernance mondiale soutenue par Pékin, soulignant ainsi les enjeux géopolitiques qui sous-tendent cette proposition et la prudence de Paris face à toute initiative remettant en cause le multilatéralisme onusien.















