Depuis fin décembre, l’Iran est secoué par l’une des plus fortes vagues de contestation de ces dernières années, déclenchée par la dégradation des conditions économiques et des appels à un changement politique profond. Face à ces mouvements populaires, les autorités ont décidé de couper l’accès à internet et aux réseaux mobiles dans tout le pays, une mesure sans précédent qui vise à freiner la diffusion d’images et d’informations sur le déroulement des manifestations tout en isolant la population du reste du monde. Cette coupure généralisée fait désormais partie d’un contrôle de l’information plus large dans le pays, où l’accès aux réseaux sociaux et aux outils de communication est entravé depuis plus d’une semaine.
Au cœur de la crise, le cas du jeune manifestant Erfan Soltani a attiré l’attention internationale. Arrêté lors d’une manifestation, Soltani aurait été menacé d’une condamnation à mort, avant que l’Iran ne démente publiquement l’existence d’une peine capitale, affirmant que les charges retenues contre lui ne prévoient pas la peine de mort. Les États-Unis, de leur côté, ont assuré que l’exécution n’aura pas lieu et que le pays aurait suspendu des centaines d’exécutions potentielles de manifestants. Ces tensions humanitaires s’inscrivent dans un contexte où les organisations de défense des droits humains signalent un bilan très lourd de morts et d’arrestations depuis le début des protestations.
La dimension internationale s’est également accentuée, avec des réactions fortes à Washington. L’ancien président Donald Trump a encouragé les manifestants à maintenir la pression sur le régime tout en promettant que « l’aide était en route ». Ses déclarations ont eu des répercussions sur les marchés pétroliers, provoquant une forte baisse du prix du baril, et suscité des avertissements de pays du Golfe, qui ont conseillé prudence face à une éventuelle intervention militaire américaine. Ce contexte illustre combien la crise iranienne demeure un point de crispation politique, médiatique et géopolitique, avec des conséquences humanitaires et économiques étendues à toute la région.
















