L’Iran traverse une période de très fortes turbulences politiques et sociales. Depuis vendredi, les autorités ont procédé à une coupure quasi totale d’internet et des réseaux téléphoniques sur l’ensemble du territoire, une mesure destinée à freiner la circulation d’images et d’informations liées aux manifestations massives contre le régime. Malgré ce black-out numérique, la contestation se poursuit, alimentée par un profond mécontentement populaire face à la gouvernance du pays et à la situation économique, dans un climat marqué par une répression sévère.
Selon les organisations de défense des droits humains, le bilan humain est lourd. L’ONG Iran Human Rights affirme qu’au moins 648 manifestants ont été tués depuis le 28 décembre, date de début du mouvement de protestation, tandis que l’ONG Hrana, basée aux États-Unis, évoque plus de 10 000 arrestations opérées par les forces de sécurité. Face à cette situation explosive, le gouvernement iranien a décrété trois jours de deuil national pour rendre hommage aux « martyrs » de la « résistance » et a appelé, ce lundi 12 janvier, à des manifestations de soutien à la République islamique.
Sur le plan international, la crise iranienne suscite de vives réactions. Donald Trump a affirmé dimanche que les dirigeants iraniens auraient pris contact pour « négocier » après ses menaces d’opération militaire, tout en annonçant que tout pays commerçant avec l’Iran serait désormais frappé de droits de douane de 25 %. Dans la région, les pays voisins suivent la situation avec inquiétude. En Turquie, qui partage plus de 500 kilomètres de frontière avec l’Iran, les autorités ont tendance à minimiser l’ampleur de la contestation, tout en dénonçant d’éventuelles ingérences étrangères, signe que la crise iranienne dépasse largement les frontières de la République islamique.















