Le dossier de la tiktokeuse Florence Kingbo a connu un nouveau renvoi devant la chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). À l’audience du mardi 13 octobre 2026, les débats ont notamment porté sur l’expertise psychiatrique ordonnée dans le cadre de la procédure et sur la nécessité de réaliser un scanner médical pour permettre à l’expert de finaliser son évaluation. L’avocat de la prévenue, Me Aboubacar Baparapé, a indiqué ne pas avoir reçu le rapport d’expertise et a sollicité sa transmission afin de pouvoir en prendre connaissance. La présidente de la Cour et le ministère public ont précisé que l’examen complémentaire était nécessaire à la conclusion de l’expertise. Les frais du scanner devraient être supportés par les parents de la jeune femme, une perspective qui a suscité des inquiétudes chez cette dernière, laquelle a fait état des difficultés financières de sa famille.
Face à cette situation, Florence Kingbo a exprimé son incapacité financière à faire face aux dépenses liées à cet examen médical. Cette difficulté intervient dans une procédure marquée par plusieurs renvois depuis l’ordonnance d’expertise psychiatrique du 24 mars 2026. Initialement confiée au Centre psychiatrique de Jacquot, l’expertise devait faire l’objet d’un rapport au plus tard le 24 mai. Le 2 juin, la Cour avait toutefois constaté que l’examen n’avait pas encore été réalisé et que la prévenue n’avait pas été extraite de la prison pour comparaître. Depuis, la nécessité de compléter l’évaluation médicale demeure un point important du dossier. La prochaine audience est fixée au mardi 1er décembre 2026. Elle devra permettre de faire le point sur l’évolution de la procédure, avec la perspective d’examiner le dossier en vue des réquisitions du ministère public et des plaidoiries de la défense, selon les suites données à l’expertise.
Âgée de 21 ans, Florence Kingbo est placée sous mandat de dépôt depuis le 18 décembre 2025. Elle est poursuivie pour harcèlement par le biais d’un système électronique, atteinte à la vie privée, incitation à la haine et à la violence, ainsi qu’incitation à la rébellion. L’affaire fait suite à la diffusion d’une vidéo devenue virale dans laquelle elle s’en prenait à l’ancien président de la République, Patrice Talon, qu’elle qualifiait de « tyran », tout en visant également l’ancienne Première dame Claudine Talon et leur fils. Lors d’une audience tenue le 3 février 2026, la jeune femme avait reconnu les faits qui lui sont reprochés. Son conseil avait, de son côté, évoqué la possibilité de troubles mentaux pour soutenir une thèse d’irresponsabilité pénale, une hypothèse contestée par la prévenue elle-même. L’évolution de l’expertise psychiatrique apparaît ainsi déterminante pour la suite de la procédure, tandis que la Cour devra poursuivre l’examen des faits et des responsabilités dans le respect des droits de la défense.















