Le préfet du département du Borgou et président du comité technique Intercommunal, Abdoul Chakour Assouma Naro, a procédé, ce mardi 20 octobre 2026 à Parakou, au lancement des travaux de l’atelier de concertation sur les interventions en matière de cohésion sociale. Cette rencontre réunit les maires des communes du département, les secrétaires exécutifs des mairies, les représentants des services de l’État, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, les leaders communautaires, les jeunes, les personnes handicapées et les personnes déplacées. L’initiative vise à renforcer la coordination des actions de prévention des conflits et de promotion du vivre-ensemble dans le Borgou, confronté notamment aux tensions entre agriculteurs et éleveurs, aux conflits fonciers et intercommunautaires, ainsi qu’aux risques liés à l’extrémisme violent. Dans son intervention, le préfet a mis l’accent sur la nécessité d’une mobilisation collective et d’une meilleure synergie entre les différents acteurs pour préserver la paix et consolider les relations entre les communautés.
Prenant la parole, Abdoul Chakour Assouma Naro a insisté sur l’importance du dialogue, de la participation citoyenne et de la coordination des interventions pour faire face durablement aux défis de cohésion sociale. Il a notamment souligné que les frustrations liées aux inégalités, aux sentiments d’exclusion et aux conflits non résolus peuvent fragiliser la confiance entre les populations et créer un terrain favorable aux divisions. Pour le préfet, il est donc essentiel de favoriser l’implication des femmes et des jeunes, de renforcer les relations entre les citoyens et les institutions et d’associer toutes les composantes de la société, sans stigmatisation. Il a également relevé les limites d’interventions menées de manière isolée, qui peuvent entraîner des chevauchements dans certaines localités tandis que d’autres besoins restent sans réponse. Cette concertation apparaît ainsi comme une occasion de partager les informations, d’identifier les complémentarités et de bâtir une approche commune. À travers cette démarche, les communes du Borgou, avec l’appui de l’Association pour le développement des communes du Borgou (ADECOB), entendent contribuer à une paix durable. Une ambition résumée par cette citation d’Antoine de Saint-Exupéry évoquée lors des échanges : « Il faut marcher ensemble dans la même direction. »
De son côté, Gabriella Spirli, cheffe de la Coopération internationale de la Suisse au Bénin, a salué la forte mobilisation des acteurs et exprimé sa satisfaction quant à l’engagement manifesté dès l’ouverture des travaux. Elle a confié avoir initialement nourri des inquiétudes sur la capacité à obtenir l’adhésion et la participation effective de l’ensemble des intervenants, avant de constater que la présence des maires, des secrétaires exécutifs, des partenaires techniques et financiers et des organisations de la société civile témoignait d’une réelle volonté collective. Pour elle, cette mobilisation constitue déjà un signe encourageant pour l’atteinte des objectifs poursuivis. Elle a rappelé que le programme d’appui à la gouvernance locale et au renforcement de l’attractivité territoriale AGORA a contribué à l’élaboration d’outils destinés à améliorer la connaissance et la coordination des initiatives, notamment une cartographie des interventions, une note d’analyse sur la cohésion sociale et un guide simplifié pour l’élaboration des plans locaux de cohésion sociale. Les travaux portent notamment sur l’actualisation de cette cartographie, la synthèse des fiches communales, les interventions des partenaires techniques et financiers ainsi que les responsabilités des différents acteurs. Au-delà du Borgou, les enseignements de cette première concertation départementale doivent permettre d’améliorer les outils et de préparer leur appropriation















