Le Bénin enregistre une avancée diplomatique majeure dans le domaine de la gouvernance internationale des océans avec l’élection du Dr Urbain T.A.S. Brito, directeur des Pêches et de l’Aquaculture du Bénin, à la présidence de la Commission baleinière internationale (CBI). Élu à l’unanimité et par acclamation générale lors de la 70e session de l’institution, tenue du 27 septembre au 2 octobre 2026 à Hobart, en Australie, le responsable béninois accède ainsi à une fonction stratégique au sein de cette organisation internationale. Son élection, qui intervient dans un contexte marqué par des débats sur la conservation des cétacés et l’utilisation durable des ressources marines, constitue une reconnaissance pour le Bénin et renforce la visibilité de son expertise dans le secteur des pêches et de l’aquaculture. Pour son mandat de deux ans, le nouveau président sera appelé à contribuer au dialogue entre les États membres et à la conduite des travaux de la Commission, dans un environnement où les positions divergent sur plusieurs questions liées à la gestion des ressources baleinières.
Cette consécration met également en lumière le rôle du Bénin dans la coopération halieutique régionale, notamment au sein de la Conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les États africains riverains de l’océan Atlantique (COMHAFAT). Aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Maroc, de la Mauritanie et du Sénégal, le Bénin a pris part à cette 70e session, qui a réuni 65 pays. La COMHAFAT contribue à renforcer la participation des États africains aux instances internationales à travers la concertation régionale, le partage d’expertise et le soutien aux compétences scientifiques. En avril 2026, l’organisation avait notamment financé la participation de scientifiques de ses États membres aux travaux du Comité scientifique de la CBI en Slovénie. Cette démarche vise à faire davantage entendre les préoccupations africaines dans les discussions relatives à la conservation des espèces marines et à la gestion durable des océans, tout en tenant compte des réalités économiques et sociales des communautés côtières.
À la tête de la CBI, le Dr Urbain T.A.S. Brito aura ainsi l’occasion de contribuer au renforcement du dialogue international et au bon fonctionnement de cette institution créée en 1948. La session de Hobart a notamment permis l’adoption par consensus d’un code de conduite encadrant les travaux de la Commission et de ses organes subsidiaires, ainsi que de la Déclaration de Hobart sur son rôle, son histoire et son avenir. D’autres dossiers ont toutefois révélé des divergences persistantes entre les États membres, notamment sur la création d’un sanctuaire pour les baleines dans l’Atlantique Sud et sur plusieurs propositions relatives à la conservation des cétacés. Pour le directeur des Pêches et de l’Aquaculture du Bénin, désormais président de la Commission, l’enjeu sera de favoriser les échanges entre les différentes parties et de contribuer à une gouvernance des océans fondée sur la coopération et les connaissances scientifiques. Son élection offre au Bénin une nouvelle tribune internationale et représente une opportunité pour renforcer la présence africaine dans les décisions qui engagent l’avenir des ressources marines.















