Le ministre délégué auprès du président de la République, chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé, a appelé à une mobilisation accrue des acteurs institutionnels et des partenaires pour renforcer la prévention et la gestion des risques de catastrophe au Bénin. Il a lancé cet appel le mardi 6 octobre 2026, à l’occasion de la session de la Plateforme nationale de gestion des risques de catastrophe et d’adaptation aux changements climatiques, tenue dans la salle de conférence du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. La rencontre a réuni plusieurs membres du gouvernement, notamment Georges Alè, ministre du Cadre de vie chargé des Transports terrestres, Janvier Yahouédéhou, ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, et Édouard Dahomè, ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, ainsi que des représentants des partenaires techniques et financiers et des organisations humanitaires internationales. Dans son intervention, Djibril Mama Cissé a rappelé les conséquences des inondations, des sécheresses, des pluies extrêmes, des vents violents, des incendies et des épidémies, autant de phénomènes susceptibles de fragiliser les populations, les infrastructures et les activités économiques.
Face à l’ampleur de la situation, le ministre a fait état de 349 580 personnes sinistrées en 2026, réparties dans 52 583 ménages, 1 199 villages et 219 arrondissements. Ces chiffres témoignent, selon les éléments présentés à la session, de l’importance des défis auxquels le pays doit faire face en matière de protection civile et de résilience climatique. Pour Djibril Mama Cissé, la réduction des risques de catastrophe ne saurait être considérée comme une simple urgence humanitaire, mais doit également être intégrée aux politiques de sécurité, d’aménagement du territoire et de développement durable. Il a ainsi invité les membres de la plateforme à renforcer le partage d’informations, à améliorer la coordination des interventions de secours, à cartographier les zones les plus vulnérables et à faire de cette instance un véritable outil d’anticipation et d’aide à la décision. De son côté, le directeur général de l’Agence béninoise de protection civile (ABPC), Abdel Aziz Bio Djibril, a présenté un bilan des dégâts causés par les intempéries, les éboulements, les vents violents et les chutes de pierres, qui ont notamment provoqué des inondations, des ruptures d’ouvrages de franchissement et des pertes en vies humaines par noyade.
Au terme des présentations, les échanges ont mis en évidence l’ampleur des moyens nécessaires pour répondre aux conséquences des catastrophes et renforcer les capacités de prévention. Selon l’évaluation présentée par l’ABPC, les besoins de financement pour faire face à ces défis s’élèvent à un peu plus de 290 milliards de francs CFA, destinés notamment aux actions de prévention, de relèvement et de renforcement de la résilience des communautés touchées. Les partenaires techniques et financiers ainsi que les différentes parties prenantes ont été appelés à contribuer à la mobilisation de ces ressources. À travers cette session, Djibril Mama Cissé entend favoriser une réponse concertée, fondée sur l’anticipation, la complémentarité des interventions et la responsabilisation des acteurs. À l’issue des discussions, l’Agence béninoise de protection civile a réaffirmé son engagement à jouer pleinement son rôle de coordination dans la gestion des catastrophes et l’adaptation aux changements climatiques. L’enjeu reste de mieux protéger les populations, de limiter les pertes humaines et matérielles et de renforcer durablement la capacité du Bénin à faire face aux aléas climatiques et aux situations d’urgence.















