À trois jours de son départ du pouvoir, Patrice Talon a choisi les réseaux sociaux pour adresser un message d’adieu aux Béninois. Dans une déclaration publiée ce jeudi 21 mai sur sa page Facebook, le chef de l’État sortant s’est félicité des « réformes opérées » et des « progrès accomplis » durant ses dix années à la tête du pays. Un discours empreint d’autosatisfaction qui contraste pourtant avec les nombreuses frustrations exprimées par une partie de la population confrontée à la vie chère, au chômage persistant et à l’insécurité grandissante dans plusieurs régions du nord du Bénin.
Si Patrice Talon affirme quitter le pouvoir avec « fierté » après avoir conduit « une belle aventure », beaucoup de citoyens gardent surtout le souvenir d’une gouvernance marquée par la restriction des libertés publiques, les tensions politiques et l’exil de plusieurs figures de l’opposition. Derrière les infrastructures modernes et les réformes administratives souvent mises en avant par le régime, des voix continuent de dénoncer une démocratie fragilisée et une gouvernance jugée trop centralisée. Pour certains observateurs, ce message d’adieu ressemble davantage à un exercice de communication destiné à défendre un héritage politique contesté.
Dans son adresse, le président sortant a également appelé les Béninois à soutenir son successeur élu, Romuald Wadagni, tout en exprimant sa conviction que le pays poursuivra sa marche vers le progrès. Mais dans les rues de Parakou comme dans plusieurs localités du pays, beaucoup espèrent surtout que la nouvelle gouvernance saura répondre aux attentes sociales laissées en suspens durant la dernière décennie. Car au-delà des discours officiels et des hommages institutionnels, une question demeure sur toutes les lèvres : le Bénin de 2026 est-il réellement plus juste et plus proche des préoccupations du peuple qu’en 2016 ?














