La nuit du 1ᵉʳ au 2 juillet a laissé un paysage de désolation dans le quartier Titirou : le seul pont reliant la zone enclavée de Mouzdalifa au secteur voisin de Banikanni s’est effondré sous la violence des eaux. Déjà fissuré depuis la précédente saison des pluies, l’ouvrage a littéralement cédé lorsque les torrents ont emporté les dernières fondations, isolant plus de 5 000 habitants, privés d’accès rapide aux marchés, aux écoles et au centre de santé le plus proche. « Nous avons averti depuis des mois, mais rien n’a été fait », déplore côté rive Sud Alimatou Bio, une mère de famille contrainte de parcourir désormais six kilomètres supplémentaires pour acheminer ses enfants à l’école.
Mercredi matin, alors que les bâtisses alentour portaient encore les stigmates des inondations, notre équipe a observé des scènes à haut risque : piétons et conducteurs de deux-roues franchissent l’amas de béton brisé, tenant parfois leur engin au-dessus de la boue en équilibre précaire. Les motocyclistes improvisent de fragiles planches pour passer, tandis que les vendeuses du marché de Banikanni négocient des traversées tarifées sur des barques de fortune. Des riverains, paniqués, pointent du doigt « l’inaction des services communaux » : malgré les courriers et pétitions, aucune signalisation officielle ni dispositif de sécurité n’a encore été installé sur le site, transformé en tranchée béante d’environ huit mètres.
L’inquiétude grandit d’autant que de nouvelles averses, notamment celle de la matinée du 5 juillet, ont déjà sapé les berges et menacent de creuser davantage le lit du ravin. La Fédération des associations de quartier de Parakou appelle d’urgence la mairie, le ministère des Infrastructures et la Protection civile à dépêcher des ingénieurs pour sécuriser les abords, installer une passerelle provisoire et lancer sans délai la reconstruction financée par le Fonds d’aménagement urbain. En attendant, les populations restent exposées : le moindre retard pourrait transformer ce corridor vital en piège mortel tout au long de la saison.
Source : Fraternité Fm















