L’image n’est pas passée inaperçue. Ce jeudi 30 juillet 2026, à Porto-Novo, lors de l’installation des sénateurs de la première mandature du Sénat béninois, les anciens présidents Boni Yayi et Patrice Talon ont été aperçus en pleine discussion. Une scène qui a rapidement suscité de nombreuses réactions, tant elle contraste avec les tensions qui ont marqué leurs relations politiques par le passé. Alors que leurs divergences avaient souvent alimenté les débats et profondément divisé leurs partisans, les voir aujourd’hui assis autour de la même table et échangeant quelques mots a forcément interpellé l’opinion. À Parakou, notre équipe est allée recueillir les impressions de quelques citoyens à travers un micro-trottoir.
Pour certains habitants interrogés, cette séquence doit surtout être perçue comme une leçon pour la démocratie béninoise et un rappel que les institutions doivent être plus fortes que les hommes. « Le vrai danger de notre démocratie, c’est de croire qu’elle dépendait de la volonté de deux personnages. Le Bénin est plus grand que ce que l’on y pense », estime un citoyen, qui appelle également la jeunesse à ne pas se laisser enfermer dans les querelles politiques. D’autres se disent simplement heureux de voir les deux anciens chefs d’État échanger dans un contexte institutionnel. « Moi, j’étais très fier de voir ces deux en train de faire de petites causettes. Ce regroupement qu’on appelle Sénat est bel et bien là. Bienvenue, malgré tout ce que les gens disent. Vivement le Bénin », témoigne un autre participant. Pour ces citoyens, cette image traduit un changement de posture qui mérite d’être salué, indépendamment des désaccords du passé.
Mais au-delà de la séquence elle-même, les réactions recueillies à Parakou révèlent surtout une attente : celle de voir les responsables politiques privilégier l’intérêt national au détriment des rivalités partisanes. « Vous voyez aujourd’hui, ils sont sur la même table et parlent le même langage. Hier, les gens ne se saluaient pas à cause d’eux. C’est une leçon de vie pour les immatures politiques », lance un intervenant. Un autre résume son sentiment en ces termes : « Si Yayi et Talon peuvent s’entendre pour le bonheur des Béninois, c’est tant mieux. Aujourd’hui, les kpakpatoya vont se ranger. » Entre satisfaction, prudence et appels à la maturité politique, ce micro-trottoir montre que l’image de Boni Yayi et Patrice Talon réunis dans un même espace institutionnel dépasse leurs seules personnes. Elle nourrit surtout une question dans l’opinion : après des années de tensions, cette proximité peut-elle ouvrir une nouvelle page dans la vie politique béninoise ?















